Sepulveda ne méritait pas ça !

Comment Eduardo a été exclu du Tour le 18 juillet, pour une faute involontaire.

CE QUI S’EST PASSÉ AU KM 150

DE L’ÉTAPE RODEZ-MENDE, LE 18 JUILLET

Eduardo Sepulveda a été mis hors-cours par le jury des commissaires à 23 kilomètres de l’arrivée pour, victime d’un bris de chaîne, être monté pendant une centaine de mètres dans une voiture technique (celle d’AG2R-La Mondiale) afin de rejoindre celle de son manager général Emmanuel Hubert, arrêtée un peu plus haut. Eduardo était 19è du classement général, à 28’19’’ de Chris Froome, et comptait sur les étapes alpestres pour atteindre au moins un Top 15. À 24 ans, il disputait son premier Tour de France.

Mathieu Coureau, journaliste de Ouest-France, a écrit dans les heures qui ont suivi un formidable article sur la mésaventure d’Eduardo, et sa personnalité. À lire absolument.

EDUARDO SEPULVEDA :

 » J’ÉTAIS EN PANIQUE, C’EST VRAI « 

« J’ai commis une faute, je le reconnais. Tout d’abord, je tiens à présenter mes excuses à mes équipiers, qui m’avaient montré une grande confiance depuis le départ du Tour ; à Emmanuel Hubert et à tout le staff ; aux partenaires de l’équipe Bretagne-Séché Environnement. À tous mes supporters argentins également qui vivaient le Tour à travers moi.

Je suis effondré de cette mise hors-course, mais je comprends que tous soient très déçus de ce qui s’est passé. Je manque d’expérience, c’est mon premier Tour et, en course, je vivais chaque moment avec beaucoup de stress. C’était encore le cas dans le final de ce jour, et au moment où je casse ma chaîne et où je ne vois pas ma voiture arriver, j’étais en panique, c’est vrai.

J’ai vu la voiture d’Emmanuel Hubert s’arrêter un peu plus haut, j’ai eu le très mauvais réflexe de monter dans celle d’AG2R-La Mondiale. C’est une énorme erreur. Mais je ne veux pas qu’on puisse penser de moi que je suis un tricheur.

Exclu de mon premier Tour de France, c’est le pire des cauchemars pour moi.

La bio complète d’Eduardo ici. 

EMMANUEL HUBERT :  » C’EST LE RÉGLEMENT

MAIS SON APPLICATION EST SÉVÈRE « 

«  Nous ne pouvons que nous incliner devant la décision des commissaires. Eduardo commet une grosse faute, il enfreint le règlement qui précise bien une mise hors-course pour ce genre d’infraction. Mais son application est très sévère dans le contexte. Eduardo s’est retrouvé en situation de panique, on ne peut pas l’expliquer autrement. Je l’ai raté lorsqu’il s’est arrêté sur la droite, il était caché par d’autres voitures, j’ai pilé quand je l’ai vu dans le rétro, à moins de 100 mètres de lui.

J’ai tout de suite compris ce qui allait se passer quand j’ai vu les commissaires intervenir. Je tiens à remercier tous ceux qui nous ont adressé des messages de sympathie spontanés. Laurent Jalabert a dit à l’antenne, sur France 2, qu’il trouvait la décision « injuste ».

Nous sommes tous malheureux et je pense à nos partenaires, qui étaient si heureux de nous voir chaque jour acteurs de ce Tour de France. En leur nom et ceux de toute l’équipe, je présente également nos excuses aux organisateurs, ASO, qui nous font confiance depuis l’an dernier. Nous aurons encore plus à cœur de montrer une image offensive, la dernière semaine du Tour. « 

VINCENT LAVENU:  » JE COMPRENDS

LE RÈGLEMENT, MAIS IL Y A L’ESPRIT « 

Vincent  Lavenu, le manager général d’AG2R-La Mondiale (et pilote de la voiture où est monté Eduardo), s’est également exprimé dans un communiqué de son équipe :  » Nous avons vu Eduardo sur le bord de la route, nous avons été arrêtés à sa hauteur et il a ouvert la porte. Nous allions lui donner une roue mais il est monté à l’arrière de la voiture. Il était en panique et nous avons dû repartir tout de suite pour ne pas gêner les autres. Il a parcouru moins de cent mètres dans notre voiture jusqu’à celle de son équipe. Je comprends le règlement mais il y a aussi l’esprit. Je suis très déçu pour lui, qui disputait son premier Tour. « 

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