Sepulveda l’émotion forte

Comment, d'Utrecht en Zélande, notre leader argentin a géré ses débuts dans le Tour

Photos Photonews / Panoramic

Il avait beau s’y attendre, Eduardo Sepulveda a été débordé par l’émotion ce 4 juillet au moment de prendre le départ de son premier Tour de France, à travers le contre la montre d’Utrecht. Il l’a avoué le soir même sur sa page Facebook :  » Beaucoup d’émotion, beaucoup trop, et ma performance moyenne me rappelle à la réalité. Je dois me concentrer sur la course et faire abstraction du reste.  »

La reste, c’est sa jeunesse en Patagonie, si loin du Tour. C’est ce père coureur amateur, fan de Miguel Indurain, si présent et trop tôt disparu. Le reste, ce sont les premiers rêves élaborés chez les juniors en équipe d’Argentine, son séjour au Centre mondial du cyclisme d’Aigle comme Chris Froome avant lui. Puis les premières promesses au printemps 2014 sous le maillot Bretagne-Séché Environnement, mais aussi cette blessure au genou qui l’avait contraint à renoncer au premier Tour de France tant attendu, à 23 ans, quelques semaine plus tard.

Eduardo fera donc abstraction, désormais, de ce passé déjà chargé et du gigantesque barnum du Tour qui vous étourdit lorsque vous y mettez les pieds pour la première fois. Pour retrouver tous ces souvenirs, encore plus intensément, le 26 juillet l’espère-t-il sur les Champs-Élysées, avec  » le meilleur classement général possible « . Avant et après l’étape contre la montre initiale du Tour 2015, il a pourtant montré un professionnalisme exemplaire. Il a par exemple voulu suivre Pierre-Luc Périchon, premier coureur BSE à s’élancer, dans la voiture de Sébastien Hinault pour s’imprégner du parcours en configuration course, au milieu des hurlements de toute cette impressionnante foule néerlandaise.

CYCLISME : Tour de France - Contre la montre - Utrecht - 04/07/2015

Moins d’une minute lâchée à tous les cadors du classement général

Sitôt son chrono bouclé, même très insatisfait de sa prestation (157è à 1’40 »), il est monté sur les rouleaux pour une séance de retour au calme et a commencé à prendre du recul.  » Ce n’est pas super mais presque normal. Je me suis consacré à la montagne cette année, et encore plus ces dernières semaines avec un stage très dur à Andorre. J’ai perdu de la puissance qu’il faut pour emmener des braquets à plus de 50 km/h… »

La montagne. Les Pyrénées, dans dix jours. Là où il a failli basculer avec Alberto Contador et Nairo Quintana en haut du Port de Balès, lors de la dernière Route du Sud. Et si les vrais comptes d’Utrecht étaient là, d’ailleurs ? 59 secondes lâchées à Pinot, 57 à Nibali, 50 à Froome, 42 à Contador, 39 à Quintana. C’est peut-être de cette façon qu’il fallait lire, ce matin du 5 juillet aux Pays-Bas, le classement d’Eduardo Sepulveda.

Le soir, hélas, cinq minutes de plus étaient concédées sur les digues de Zélande. La faute d’une chute collective qui avait contraint « Edu » à poser pied à terre à la sortie de Rotterdam, et d’un collectif désorganisé dans le premier gros coup de Trafalgar de ce Tour 2015. Rude mise en route.

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