Romain Feillu, l’heureux retour

La Route Adélie devant Nacer Bouhanni, quel come-back !

Romain Feillu a mis le 3 avril un terme à près de quatre années sans succès majeur, en remportant la Route Adélie de Vitré, quatrième manche de la Coupe de France PMU 2015. Et pas n’importe comment: en dominant sans contestation Nacer Bouhanni dans un sprint en faux-plat montant, de ceux où il était irrésistible en France à la fin des années 2000.
Mais depuis la dernière étape du Tour du Luxembourg 2011, Romain n’avait plus rien remporté, exceptée une étape de la Ronde de l’Oise en juin 2014. Mais c’est peut-être le Tour de France qui a suivi, le premier où il ait disputé le sprint des Champs-Élysées (10è, et trois autres Top 10 en tout) et donc terminé, qui l’a remis en selle… Romain raconte.

Le sprint de Vitré: « C’est grandiose ! »

ROUTE ADELIE DE VITRE / 3 AVRIL 2015 / PHOTO BRUNO BADE /  » Toute la course j’ai pensé au sprint final. Nous étions vraiment bien dans cette course, toute l’équipe, jusqu’avec Christophe (Laborie) et Ben (Jarrier) dans l’échappée finale. C’était presque idéal. Et en plus Chris place une mine à 2,5 kilomètres et s’en va seul. C’était chaud pour Bouhanni, j’ai bien vu qu’il était esseulé pour avoir fait beaucoup roulé son équipe toute la journée, et qu’il serait obligé de faire l’effort pour revenir sur Chris. Il le déborde aux 150 mètres mais dans sa roue, je sens qu’il plafonne. Quand je déboite à mon tour, je trouve ça presque facile… C’est grandiose de gagner comme ça, en ayant le temps de lever les bras. Et devant Nacer. Un mec qui a gagné trois étapes dans le dernier Giro quand même ! « 

Son début de saison: « J’avais de bonnes sensations »

ROUTE ADELIE DE VITRE / 3 AVRIL 2015 / PHOTO BRUNO BADE /

 » Ça fait un moment que je me trouve bien, que j’éprouve des sensations. Trois semaines avant la Route Adélie, depuis mon retour du Tour de Langkawi. On a vraiment bien bossé là-bas, il faisait chaud, c’était parfois dur. En fait, je ressens tous les bénéfices de longs mois sans plus jamais être malade. J’ai enchaîné le Tour, la fin de saison, un gros travail en décembre surtout, ça devait forcément payer. Au Critérium international, le samedi matin, je lève déjà les bras en gagnant le sprint et j’apprends que j’arrivais pour la troisième place. J’avais eu des ennuis mécaniques juste avant, et pas l’info… Mais dans ma tête, j’avais déjà gagné un vrai sprint. »

Èloigné des podiums :  » Six fois à l’hôpital avant le diagnostic d’une appendicite ! « 

ROUTE ADELIE DE VITRE / 3 AVRIL 2015 / PHOTO BRUNO BADE /

 » En 2011, je fais une jolie saison même si je ne gagne plus après juin et le Tour du Luxembourg. Je suis dans le final du championnat du monde tout de même… Et puis c’est la galère. Malade, incapable parfois même de m’entraîner. Et personne ne trouve. Jusqu’à la sixième visite à l’hôpital où on diagnostique une appendicite, mais qui avait fait des ravages. J’ai été long à m’en remettre. Jusqu’en juin, l’an dernier, c’était moyen. Et puis Manu (Hubert) m’a fait confiance pour le Tour et c’était un peu comme si je retrouvais la maison. le Tour c’est beaucoup pour moi. J’ai porté le Maillot Jaune une journée en 2008. Pour moi qui était fan absolu du grand Miguel (Indurain) quand j’était môme… Je me suis accroché l’an dernier, mais j’ai aussi retrouvé quelques automatismes dans les sprints. C’était reparti. Je rate deux-trois victoires d’un rien ensuite, au Tour de l’Ain, à la Classic de l’Indre, c’était des signes…  »

La montée en puissance de l’équipe :  » Et on a encore de la marge « 

 » On sent qu’il se passe quelque chose depuis le début de saison. Dans le peloton, nous sommes toujours mieux placés, assez compacts même si on a encore de la marge. Et puis quand on a des coureurs qui sont capables de mettre deux, trois mines d’affilée, ça change tout. Les recrutements de Pierrick (Fédrigo) et Jonathan (Hivert) ont été essentiels pour ça. En plus, ils nous apportent leur expérience. Jonathan, quand je le vois capable de jouer la gagne dans les étapes du Tour de Catalogne, je me dis « quel coureur ! » Et dans leur sillage, les autres progressent. Anthony Delaplace par exemple a franchi un cap cette année, on le sent capable de grandes choses. « 

ROUTE ADELIE DE VITRE / 3 AVRIL 2015 / PHOTO BRUNO BADE /

La suite de sa saison :  » Je sens que ça y est !  »

 » Je ne vise pas forcément la Coupe de France. Il faut être au départ de toutes les manches pour assurer des points quand on veut la gagner, ce n’est pas mon cas. Mais d’autres courses de la Coupe de France me plaisent, le Tour du Finistère par exemple. Cette condition que je tiens depuis la mi-mars, j’aimerais aussi la prolonger jusqu’aux Quatre Jours de Dunkerque. Là, je sens que ça y est, j’aimerais vivre là-dessus quelques semaines encore. « 

 

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