PLP : « J’ai de la chance de pouvoir exercer ma passion, je vais revenir. »

Toujours avec humour, Pierre-Luc Périchon se confie sur sa rééducation après son impressionnante chute et sa fracture de la clavicule sur Paris-Nice. La tête remplie d’objectifs et déterminé à revenir, il était sur home trainer une semaine après l’opération.

 

Tu as chuté lors de la deuxième étape de Paris-Nice, t’en souviens-tu ?

Je me souviens bien du début, beaucoup moins de la fin. Il y a eu une vague dans le peloton, j’ai accroché la roue arrière d’un coureur et cela m’a déséquilibré. Je suis parti sur la droite de la route, je crois passer une barrière de sécurité et après le trou noir, j’ouvre les yeux, je suis dans le fossé. Je ne suis pas sûr de mes souvenirs, je ne sais pas si cela s’est réellement passé ou si je l’ai inventé. Pendant une fraction de seconde j’ai cru pouvoir m’en sortir je me suis dit « ça va passer, je ne vais pas tomber », la fraction de seconde d’après, j’étais au sol. Je ne sais pas comment j’ai percuté le spectateur. Nous préparions le sprint, ça roulait vite, on devait être à près de 60km/h.

As-tu tout de suite compris que tu avais quelque chose de sérieux ? 

J’ai été bien amoché. Pendant une minute, j’étais à la limite du malaise. Manu et Séb (ndlr : directeurs sportifs) sont arrivés. J’ai pris une grande inspiration, j’ai repris mes esprits et je leur ai dit que je voulais repartir. J’ai demandé à Manu de me relever. En prenant mon bras, il a tout de suite fait le diagnostic. Je n’avais pas particulièrement de douleur à l’épaule. Lorsque j’ai essayé de bouger, j’ai pris conscience que j’avais surement la clavicule cassée. A partir de là jusqu’au moment où on m’a administré de la morphine, j’ai vraiment souffert. Ça m’a paru très long.

As-tu eu des nouvelles du spectateur ? 

Oui, à Montluçon, les infirmières m’en donnaient. Manu était allé le voir et a pris ses coordonnées. Il est resté deux ou trois jours en observation. Il a dû avoir une grosse frayeur.

PERICHON Pierre-Luc

Tu as été opéré jeudi à la clinique du Parc à Lyon. Comment te sens-tu une semaine après l’opération ?

En une semaine, j’ai fait beaucoup de progrès. J’ai récupéré la mobilité de mon bras même si je le garde en écharpe. Pendant la chirurgie de l’épaule, ils ont ouvert ma plaie à la hanche pour extraire quelques impuretés et graviers qui restaient de la chute. J’ai cinq points de suture et une belle balafre. Après l’opération, il m’a fallu un petit temps pour me remettre sur pied. Je me suis fait violence pour aller marcher et faire du home trainer. Je pense que ça m’a permis d’éliminer les derniers produits de l’anesthésie. J’étais très handicapé les trois premiers jours. Je ne pouvais rien faire tout seul. Maintenant, je m’en sors mieux (rires).

Quel est le programme maintenant ?

Je vais faire un peu de sport, de la marche à pied et du vélo pour tourner les jambes. D’ici trois semaines, je pourrais reprendre des charges d’entrainement qui me permettront de retrouver mon niveau. Je vais suivre les conseils du médecin de l’équipe et de mon entraineur et être patient. 

Quels sont tes objectifs sportifs ?

J’espère pouvoir effectuer mon retour au tour de Bretagne et j’aimerais être compétitif à Plumelec. Mon véritable objectif reste le même, être présent sur les routes du Tour de France cet été. 

Comment vis-tu cette situation ?   

Il faut savoir redresser la tête et aller de l’avant. Me morfondre ne m’apporterait rien. Je relativise, ça aurait pu être pire. Je pense à Anthony Delaplace ou Jean-Marc Bideau qui ont eu une fracture du bassin. Ma plaie à la hanche et ma fracture de la clavicule, ce n’est rien à côté. Je vais rater certains objectifs que je m’étais fixé comme Paris Roubaix, le Tro Bro Léon ou Paris Camembert. Il y a bien sûr de la déception mais je garde le moral. J’ai de la chance de pouvoir exercer ma passion, je vais revenir.

 

 

 

 

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