Les petits secrets de Pierrick Fédrigo

Vainqueur de Cholet-Pays de Loire, devant à l'International...

En une semaine, Pierrick Fédrigo , 36 ans, est revenu quasi à son meilleur niveau. Le 22 mars, il remportait au terme de Cholet-Pays de Loire sa première victoire depuis avril 2013 et Paris-Camembert. Au bout d’un raid solitaire de 25 kilomètres alors qu’il était à l’avant de la course en compagnie de Voeckler, Pineau, Duval et Dupont.

Le 29 mars, il bataillait avec Jean-Christophe Péraud et Thibaut Pinot pour la victoire au sommet de l’Ospédale, final du Critérium international. 2è de cette dernière étape, il n’était écarté du podium du général que pour quelques millièmes égarés la veille contre la montre. Entre ces deux coups d’éclats, Pierrick nous a confié ses recettes.

« J’AI RETROUVÉ LE FRISSON » : « Ça fait plaisir. Pas seulement de gagner à nouveau. Mais aussi avec le sentiment de le faire en effectuant un numéro. Je n’étais pas sorti de Paris-Nice avec de super sensations. Je n’étais pas trop mal mais j’avais des difficultés à récupérer. En début de semaine, j’étais enrhumé, je n’ai retrouvé de bonnes jambes qu’au cours de la Classic Loire Atlantique le samedi. Sortir à 40 kilomètres de l’arrivée avec Thomas (Voeckler) et partir seul pour les 25 derniers, c’est quelque chose… C’était difficile, au cordeau, il ne fallait pas que je lâche mentalement. J’avais l’avantage de bien connaître le final, de savoir où m’abriter parce que le vent était redoutable, où faire les efforts utiles. Et puis l’arrivée de Cholet est magnifique, j’ai eu le temps de savourer dans le dernier kilomètre, ça change tout. C’est fort : J’ai retrouvé le frisson. »

CHOLET PAYS DE LOIRE 2015 / PHOTO BRUNO BADE /

« LES GARS M’ONT DEMANDÉ DE LEUR RACONTER 2005 » « Cholet tient une place à part dans ma carrière. En 2005, ç’a été ma première belle victoire, celle qui a tout déclenché : Quatre Jours de Dunkerque et championnat de France la même année, une première étape dans le Tour la suivante. J’ai donc toujours eu de l’affection pour cette épreuve. C’est drôle, le dimanche matin, les mecs de l’équipe m’ont demandé de leur raconter ma victoire dix ans plus tôt. On était un petit groupe, le peloton aux fesses, j‘avais attaqué aux 600 mètres, je sentais que c’était chaud, j’ai gagné avec une demi-roue, tout le peloton me passe juste après la ligne! Dix ans… C’est loin mais à la fois c’est passé si vite. »

« J’AI TIRÉ « LE PATER » DE LA SIESTE POUR UNE SÉANCE DE SCOOTER. » « Je n’ai pas gagné l’an dernier mais je n’étais pas à la rue. Je faisais mon boulot, celui qu’on me demandait. Je savais que si un jour j’avais une opportunité, la possibilité de jouer ma carte, je répondrai présent. Parfois, je me posais tout de même un peu la question : dans ces circonstances, est-ce que je saurai gagner à nouveau ? La gagne, ça se cultive, je n’avais plus forcément les automatismes pour aller la chercher. J’ai eu le déclic dans la semaine. Je suis sorti un peu « diesel » de Paris-Nice, ça ne collait pas. J’ai tiré le « pater » (son père) de la sieste pour qu’il m’emmène derrière le scooter, une bonne séance de dix sprints comme avant. Et j’ai retrouvé mon instinct dans la dernière heure de Cholet… »

CHOLET PAYS DE LOIRE 2015 / PHOTO BRUNO BADE /

« JE VEUX TENTER D’AUTRES TRUCS. » « Je ne suis pas un coureur différent de celui des dernières années. Le temps m’est compté, sans doute, à 36 ans, mais je n’y pense pas. Je suis focalisé sur la prochaine course. Le Critérium international par exemple cette fois. Je vais avoir la pancarte, c’est certain, beaucoup pensent que c’est ma course, mais moi je serai relax, rassuré, en confiance. Avoir gagné comme à Cholet va me permettre de tenter d’autres trucs avec culot et envie. »

« DE LA SIMPLICITÉ, CE QUE JE CHERCHAIS. » « Chez Bretagne-Séché Environnement, j’ai surtout trouvé de la simplicité dans les rapports humains. Chacun sait ce qu’il a à faire, on ne se prend pas la tête mais on essaie de bien le faire tous ensemble. Et puis le soir à table, on ne parle pas que de vélo. C’est à la fois une bande de copains, une famille et une structure professionnelle où ce qu’on met en place vise la réussite. Je ne suis pas du tout étonné par notre bon début de saison. Quand on le vit de l’intérieur, on sent que ça va prendre. Tout le monde s’implique, on n’est pas dispersés. De la simplicité : oui, c’est ce que je cherchais. »

 » À L’INTERNATIONAL, JE ME SUIS BAGARRÉ CONTRE LE PODIUM DU TOUR.  »  » J’étais très bien encore lors de l’International. Je m’étais fixé cette barrière: fin mars, pouvoir se bagarrer avec les meilleurs. Et là, Péraud et Pinot, c’était le podium du Tour de l’an dernier quand même ! Il m’a manqué peu de choses, la capacité de « gicler » au plus fort de l’intensité. Mais j’étais satisfait. Juste un peu déçu pour les gars de l’équipe qui avaient fait un boulot remarquable toute la journée pour me placer dans les meilleures conditions. »

CHOLET PAYS DE LOIRE 2015 / PHOTO BRUNO BADE /

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