Notre Tour est parti de Wallonie

Après deux jours difficiles aux Pays-Bas, une éclaircie en Belgique

Photos Photonews/Panoramic et @Sirotti

Sur le home-trainer où il récupère de l’intensité extrême de l’ascension du mur de Huy, à l’ombre du bus de l’équipe Bretagne-Séché Environnement, Eduardo Sepulveda n’a pas ce 6 juillet l’expression fermée de la veille. Il tend la main à Anthony Delaplace puis Florian Vachon qui arrivent à leur tour, souflles courts, ruisselants, pour un « check » de remerciement du travail accompli en sa faveur. Et relativise les 45 secondes lâchées sur Chris Froome, nouveau maillot jaune (mais seulement 27 à Contador).

 » Cette pente est trop sévère pour moi. Je suis un grimpeur « long », je n’ai pas l’explosité qu’il faut ici, dit-il, son rythme cardiaque déjà redescendu. Je retiens surtout qu’on a été très collectifs, très soudés toute la journée. Tour le monde avait à coeur de se racheter.  » De ce jour d’avant où sur les digues de Zélande, au lendemain d’une première désillusion dans le contre la montre d’Utrecht, on pouvait même craindre pour la suite de notre Tour de France 2015.

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Le midi, dans l’intimité du bus, à Anvers, le briefing d’Emmanuel Hubert avait été très ferme. Pas question de déroger au plan d’avant Tour. Du collectif autour d’Eduardo, puis profiter des ouvertures pour tenter de gagner une étape, notre Graal. À Huy, « Manu » avait retrouvé lui-aussi le sourire: «  La cohésion était présente cette fois. La dynamique va revenir. Nous craignons les pavés bien entendu mais ensuite, la route sera dégagée. »

Car ce début de Tour ultra-musclé ne laissera pas des traces que dans les organismes des coureurs Bretagne-Séché Environnement. Un autre signe peut-être : ils sont passés au travers des effroyables chutes survenues à 60 kilomètres de l’arrivée, qui ont contraint le Tour de France à quelques minutes de neutralisation. Pas un de nos coureurs n’est tombé. Certains ont été marqués en revanche par la violence des impacts et la souffrance qu’ils ont entrevus en passant sur le côté du fracas, à plus de 70 km/h.

Au lendemain de ses 103 kilomètres d’échappée aux Pays-Bas, Armindo Fonseca a néanmoins fait sa course et montré qu’il avait quasi retrouvé ses meilleures jambes de 2014 : il était encore avec tous les favoris, lui-aussi, au pied de Huy. Même Brice Feillu a le sourire, tout en haut du Mur. Tout juste dans la première moitié des arrivées, il abandonne cette position de « lanterne rouge » du Tour récupérée en Zélande, et entame sa remontée.

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Et si notre Tour 2015 était parti de Wallonie ?

 

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