Même pas peur des pavés

À l'image d'Anthony Delaplace, nos coureurs du Tour 2015 n'ont pas perdu le Nord

Hôtel Mercure, proche de la gare, à Arras. Soirée au calme dans le repère Bretagne-Séché Environnement. Après une rude journée de boulot encore, Grégory Guédon, l’un des mécanos, esquisse un sourire. « Zéro casse, une seule crevaison due aux pavés. » Il a en tête, forcément, le même « bulletin médical » du matériel au soir du dernier Paris-Roubaix. Les pavés du Tour ne sont certes pas comparables à ceux de la Reine des classiques, ne serait-ce que parce que les coureurs en franchissent quatre fois moins. N’empêche : on est mieux à Arras, Pas de Calais, qu’en avril au vélodrome de Roubaix.

Ét.4 Fédrigo1

Le dernier des quatre terribles jours d’ouverture du Tour 2015 a nécessité une préparation soutenue et un engagement sans réserve des coureurs. Le résultat n’est pas accablant: pas un Bretagne-Séché Environnement certes dans le premier groupe, mais Sepulveda, flanqué de Périchon et Delaplace, à 3 minutes, les autres à 5 minutes. L’investissement valait la peine. Celui de nos partenaires en développement spécifiques « pavés », celui du staff dans la volonté qu’il a mis à convaincre les coureurs d’en tirer bénéfice. Celui des coureurs, irréprochables quant à leur vaillance, leur combativité.

Ils n’aiment pas changer leurs habitudes. Au départ de Seraing néanmoins, le 7 juillet, sept d’entre eux ont fini par se laisser convaincre et partent sur le 675, compromis idéal entre confort et rigidité, comme s’il avait été conçu par les techniciens de Look Cycle pour les sentes de l’Enfer du nord. Roues American Classic de 38 ou 58 mm (pour la majorité) de hauteur de jante, boyaux Challenge « Paris-Roubaix » gonflés à 7 bars ; les mécaniciens ont estimé la déperdition les quatre premières heures de route à un bar, 6 sera parfait sur les premiers pavés.

Ét.4 Périchon1

Eduardo Sepulveda et Florian Vachon, les deux mieux placés au classement général, ont demandé à partir sur leur habituel Look 795 Pro Team, monstre d’aérodynamisme et de rigidité, mais qui pourrait s’avérer fragile en certains points sur les pavés, tant il « cognerait » la pierre. Ils changeront de vélo entre le km 100 et le km 130, pour un 675 mieux adapté. Une décision sage qui va porter ses fruits.

Bien sûr, il y a eu les aléas de la course. Eduardo Sepulveda un peu trop « léger » pour l’exercice et contraint de renoncer à suivre les meilleurs à partir dus secteur 3. Pierre-Luc Périchon seul à l’avant, beaucoup de force retrouvée après des jours de forte inquiétude dus à des ennuis intestinaux, mais qui met du temps à capter la consigne dans son oreillette de se laisser décrocher. Anthony Delaplace impressionnant d’efficacité, aux côtés d’Edu, afin de limiter la casse. Et les autres, Vachon, Gérard, Fédrigo, Fonseca, Brice Feillu, qui ont fait leur part.

CYCLISME : Tour de France - Etape 4 - Seraing / Cambrai - 07/07/2015

Et puis Frédéric Brun, attaquant du KM 0 comme Armindo Fonseca à Utrecht, lancé dans une échappée de 180 kilomètres aux côtés de De Gendt, Wenstra et Quéméneur. Face au vent d’ouest, une rude galère. Mais une belle aventure pour notre néophyte, entré en tête du Tour de France sur le territoire national, happé par le peloton quand celui-ci fut pris de convulsions à l’idée des premiers vrais pavés. Qui n’ont fait peur à personne chez Bretagne-Séché Environnement. Jolie nouvelle pour la suite du Tour.

 

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