Le long chemin d’Armindo Fonseca

Une saison 2015 de hauts et de bas décryptée par Armindo et son entraîneur, Franck Renimel.

Armindo Fonseca attendait beaucoup de 2015. Il reste sur sa faim pour le moment, tout au moins au plan des victoires. À 26 ans, Armindo n’a pas toujours opéré sur la lancée de 2014 où il l’avait enfin emporté chez les pros: une étape des Boucles de la Mayenne et le Tour de Vendée, assortis de la Coupe de France PMU des jeunes. Sa progression lui avait même valu d’être appelé par Bernard Bourreau, le sélectionneur, à un stage hivernal en équipe de France en vue des JO de Rio.

GP DE FOURMIES 2015 / PHOTO BRUNO BADE /

La sortie de l’hiver et le printemps ont été moins souriants mais depuis, Armindo a retrouvé son niveau, et toutes ses qualités. En cette fin d’été, on le sent capable de très belles performances sur la lancée de Plouay (7e) et de Fourmies (5e). Il expose ici, en cinq moments de son retour, ses doutes passés et ses espoirs retrouvés. Et Franck Renimel, son entraîneur, décrypte son année.

Plumélec, 30 mai : «  Plumélec, c’est le moment clé. À partir de là, je ne suis plus le même que les semaines précédentes. C’est la première fois que je me retrouve vraiment devant. J’attaque plusieurs fois dans la dernière heure. Je « coince » dans Cadoudal pour l’arrivée : à Plumélec, il ne faut pas avoir grillé des cartouches en cas d’arrivée groupée. Mais je finis tout de même 8e. Je retrouve de la confiance. Tous les efforts consentis, toute la remise en cause depuis l’hiver vont peut-être porter leurs fruits.  »

Route du Sud, 19 juin : «  À Saint-Gaudens, l’arrivée se situe en haut d’une bosse très dure d’environ un kilomètre. Je manque encore un peu d’explosivité sans doute face à Bryan Coquard, qui gagne. Mais c’est mon premier Top 5 de la saison, 3è. Sur le coup je suis déçu mais j’ai aussi l’impression de sortir de la spirale négative dans laquelle j’étais. Dans la première partie de la saison, il m’est même arrivé de me demander, dans les 20 derniers kilomètres, si j’allais pouvoir passer une bosse, suivre les meilleurs jusqu’au bout. Cette crainte disparait. Je suis retenu pour le Tour.  »

Tour de France, 9 et 17 juillet : «  J’ai été le premier attaquant du Tour cette année, aux Pays-Bas, pour me encore rassurer sans doute. La première semaine, après le vent et les pavés, j’ai pointé l’arrivée au Havre, en haut d’une bosse, comme pouvant me convenir. Je suis dans le coup, bien placé, mais je suis gêné par la chute de Tony Martin, le maillot jaune. Je suis 14e. Huit jours plus tard, je sens bien les derniers kilomètres de l’étape de Rodez. je dois mettre un coup de frein au plus dur de la bosse d’arrivée. Dans le Tour, ça ne pardonne pas, je suis 22e. Puis je tombe malade. Les Alpes sont un calvaire, mais je veux finir le Tour, revoir les Champs-Élysées comme en 2014.  »

GP PLOUAY 2015 / 30 AOUT 2015 / PHOTO BRUNO BADE /

Plouay, 30 août :  » Notre dernière course en Bretagne sous un maillot Bretagne… Pour moi qui suit Rennais, ça parlait. La photo du sprint est impressionnante, c’est tout de même Kristoff qui gagne. Je suis là, aux premières loges, 7e. Dans un peloton réduit, j’ai moins de craintes, on n’a pas à frotter comme avant un sprint massif. Ce n’est pas mon truc. Je sais que j’ai une bonne petite pointe de vitesse mais par rapport aux plus rapides, il me faudra toujours des conditions optimales: un peloton réduit, une arrivée en légère montée, une ouverture, et de la réussite…  »

GP PLOUAY 2015 / 30 AOUT 2015 / PHOTO BRUNO BADE /

Fourmies, 6 septembre : «  Je me retrouve devant dans le final pour aider Romain Feillu. On se croise à 1,5 kilomètre de l’arrivée et je crois qu’il est gêné, je l’entends me crier de faire mon sprint. Et là, dans le sprint, j’ai une belle ouverture et je prend la 5e place. Ces deux derniers résultats, Plouay et Fourmies, sont super encourageants pour le suite. J’essaie toujours de bien faire, de chercher ce qui va, ce qui ne va pas. Je suis très motivé pour la fin de saison, il y aura encore des opportunités.  »

 

L’avis de Franck Renimel, entraîneur d’Armindo Fonseca

Renimel-200x300

« Oui, Armindo est revenu à un très bon niveau. Tout simplement… son niveau. L’explication n’est pas sur ce qu’il a fait, plutôt sur ce qu’il n’a pas fait. Début mars, nous avions tiré la sonnette d’alarme. Sur dix semaines de travail hivernal, cinq semaines n’avaient pas été optimisées, voire pire. Après un mois de compétition, il était très loin de ce qu’on avait envisagé. Prendre le train en marche, c’est-à-dire arriver sur les compétitions avec un travail insuffisant, implique de redoubler d’efforts en course. C’est contre-productif, l’entraînement qui suit est plus laborieux.

Là, Armindo a commencé à gamberger et à s’enfoncer dans une dynamique négative. Mi-mars, nous avions prévu une bonne charge de travail, il était deux semaines sans compétition. Cette fois, il a cru bien faire en redoublant d’efforts, avec une semaine à 27 heures d’entraînement juste avant le Tour de Catalogne. Bien plus que prévu. Sept jours plus tard, il était « fané » sur la Catalogne. Nous étions fin mars. Ensuite les courses se sont enchaînées jusqu’au Tour de Turquie début mai. Il avait du mal à sortir la tête de l’eau.

À partir de ce moment, les choses sont progressivement rentrées dans l’ordre. Cinq jours sans vélo, reprise progressive, stage dans les Alpes : il s’est enfin retrouvé à un bon niveau. Il lui manquait encore un petit quelque chose. Il est arrivé sur le Tour pas trop mal, en est bien sorti. La suite s’est poursuivie normalement. Armindo est hyper-consciencieux, le reste suit ! La morale : il faut toujours se tenir exactement au programme prévu à l’entraînement, ni trop peu, ni trop !

Armindo peut faire une très grosse saison 2016, s’il fait l’hiver qu’il devrait faire, car il avait franchi un cap en 2014. Cette année, il n’en a pas tiré profit. Rien n’est acquis à haut-niveau.  »

 

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