JM Bideau « Oublier les mauvais moments, pour espérer en passer de bons sur le vélo »

Après sa double fracture du bassin, Jean Marc Bideau a dû se battre pour revenir à la compétition. Alité pendant 45jours, en centre de rééducation pendant sept semaines, Jean-Marc n’a jamais baissé les bras malgré les moments de doute. Il revient sur 144 jours sans course qui prennent fin ce mercredi 2 mars au Samyn.

 

Tu as chuté le 10 octobre 2015 sur le Tour d’Emilie en Italie. As-tu tout de suite compris que c’était grave ?

J’effectuais une descente de col sur route mouillée, ma roue avant s’est dérobée et je suis tombé. Après ma chute, j’ai immédiatement voulu remonter sur le vélo, j’ai pris appui sur ma jambe gauche ça allait mais j’ai senti que ça bloquait du côté droit. Je ne pensais pas que c’était si grave. Une fois aux urgences la douleur s’est réveillée. A ce moment là, j’ai souffert comme jamais. Je demandais de la morphine alors qu’on m’avait déjà administré la dose maximale. Roger Tréhin qui m’accompagnait, peut en témoigner, il m’a vu mal en point.

 

As-tu eu envie d’arrêter le vélo à ce moment-là ?

J’ai remis beaucoup de choses en question. Je suis avant tout un compétiteur, j’ai envie de revenir à mon meilleur niveau et de montrer ce que je vaux. On oublie les mauvais moments pour espérer en revivre de bons sur le vélo.

 

Comment s’est passé le processus de guérison de cette double fracture du bassin ?

Je suis resté trois jours en Italie pour préparer mon rapatriement à la clinique de Saint-Grégoire. La décision a été prise de ne pas m’opérer mais de rester alité 45 jours afin d’immobiliser complètement ma hanche.

 

Comment as-tu vécu cette période ?

Ce sont des moments très compliqués, mon entourage m’a beaucoup soutenu en particulier ma famille et ma copine. Sans eux, je ne sais pas comment j’aurais tenu. Le staff et les coureurs ont eu de petites attentions à mon égard, qui m’ont aussi apporté beaucoup de réconfort. Emmanuel Hubert est venu me voir à l’hôpital, je le remercie pour cela. Dans ces moments là, on voit sur qui on peut compter. Ça va au-delà du sport. J’ai pris mon mal en patience, je lisais des autobiographies, c’était ma façon de déconnecter.

 DSC_0314

Tu as ensuite pris le chemin de la rééducation, comment cela s’est il passé ?

Je suis arrivé au centre de Kerpape en béquilles et j’ai commencé la rééducation en fauteuil roulant… au départ je ne voulais pas trop être en fauteuil mais je n’ai pas tergiversé et j’ai suivi le processus de guérison prescrit par le corps médical. Dans ma tête par contre, je me disais que je n’étais vraiment pas guéri.  J’ai été très bien suivi par les médecins et ma kiné, Gwenola,  pendant 7 semaines. Au début, j’ai progressé rapidement, mais j’ai ensuite stagné. Après 3 semaines, j’ai fait cinq minutes de home traineur à petit rythme. Sur le moment, ça allait mais la douleur s’est réveillée le soir et j’ai eu mal pendant trois jours. Ça a été un nouveau coup dur. Il faut accepter que le processus de guérison soit long,  mais c’est pour repartir de plus belle.

 

Te souviens-tu de ta première sortie à vélo ?

J’ai eu l’autorisation du médecin de quitter le centre une semaine pour aller passer les fêtes de fin d’année en famille. Le jour de Noël j’ai fait 20 min de vélo sur le plat, puis j’ai augmenté petit à petit, et c’est reparti !

 

Comment te sens-tu aujourd’hui ?

Je n’ai pas encore repris la musculature que j’avais avant ma chute. On perd tout après avoir passé 45 jours alité. On met tellement de temps pour atteindre notre meilleur niveau et on le perd très vite. Il me manque également le rythme des courses.

 

Comment abordes-tu Le Samyn ?

L’objectif est avant tout de reprendre des repères dans le peloton et de retrouver les automatismes de course que j’ai perdus lors de mes cinq mois d’arrêt. Comme toujours après une chute, il y a un peu d’appréhension mais j’en ai déjà beaucoup moins que lors de mon retour à l’entrainement.

 

Quels sont tes objectifs de la saison ?

Il est difficile d’estimer quand je serai à 100% de mes capacités. Le parcours du championnat de France est difficile, si je suis au top de ma forme il peut me convenir.

J’ai forcément une pensée pour Eduardo Sepulveda . C’est un nouveau coup d’arrêt mais il reviendra encore plus fort. Il a déjà démontré par le passé qu’il était capable de vite retrouver le niveau qui est le sien après diverses blessures. Courage à lui !

 

 

 

 

 

 

 

 

FacebookTwitterGoogle+