Jean-Marc Bideau raccroche le vélo après le Tour de Vendée

Le breton met un terme à sa carrière après huit saisons avec l’équipe.

Coureurs et staffs, tous regretteront Jean-Marc. Pour son travail d’abord, équipier exemplaire on se souvient du boulot abattu sur le championnat de France de 2009 pour Dimitri Champion, mais aussi pour sa gentillesse et son sourire. Interview :

CHT DE FRANCE 2016 / PHOTO bruno bade /

Pourquoi as-tu décidé d’arrêter ta carrière à la fin de cette saison ?

Ma chute en Italie, à l’automne dernier, m’avait déjà fait réfléchir. Je me suis posé des questions sur la suite de ma carrière, depuis mon lit d’hôpital. La douleur était horrible, j’ai vraiment souffert. Mais une fois debout, l’envie de reprendre a pris le dessus et j’ai voulu honorer mon contrat. J’ai surmonté d’autres épreuves mais celle-ci m’a particulièrement affecté. J’ai assez rapidement retrouvé une forme correcte. Cet été, je me suis bien préparé pour le Tour d’Utah mais, une fois sur la course, j’ai vite constaté que je ne ressentais pas les mêmes sensations qu’avant. Après une longue discussion avec Manu Hubert, mon manager, j’ai pris la décision d’arrêter et de passer à autre chose.

Tu vas quand même continuer à rouler ?

J’envisage de me mettre progressivement à la course à pied mais je continuerai le vélo car j’aime ça. Dans l’immédiat, ma reconversion professionnelle sera ma priorité.

As-tu déjà une idée de ce que tu aimerais faire ?

J’ai fait une maitrise de commerce mais c’était il y a douze ans déjà… Dans un premier temps, je vais tout mettre à plat à travers un bilan de compétences. Je veux prendre le bon chemin. Heureusement nous sommes épaulés dans cette reconversion, ce n’était pas le cas avant.

Peux-tu nous citer une chose qui va particulièrement te manquer dans le cyclisme ?

La vie de groupe, forcément ! Il règne une très bonne ambiance et une belle cohésion au sein de l’équipe. Les sensations sur le vélo vont aussi réellement me manquer : cet instinct de compétition et cette volonté de gagner.

gp-plouay_4

Y a t’il une chose que tu ne regretteras pas dans le vélo ?

Oui, la pluie. Sous la pluie, je ne suis pas le même homme. Plus jeune, j’étais comme Franck Bonnamour : courir sous la pluie ne me dérangeait pas car cela réduisait le nombre de concurrents. Passé 25 ans, on apprécie davantage le beau temps et après les 30 ans, on scrute la météo matin et soir (rires). Je sens que je n’ai plus ma place dans le peloton sur route mouillée.

Que retiens-tu de tes huit saisons dans l’équipe ?

Que le temps passe très vite. Je répète aux plus jeunes de profiter au maximum pour ne pas avoir de regrets plus tard. Pour ma part, j’ai le sentiment d’avoir été au bout des choses. J’ai passé huit saisons avec l’équipe. J’ai eu de la chance car j’ai vu notre formation évoluer et moi avec elle. Nous avons grandi ensemble. J’ai pu faire un Tour de France et j’en suis fier aujourd’hui.

Un coureur t’a t’il particulièrement marqué ?

Pierrick Fedrigo. J’étais à Plouay pour sa dernière course et j’ai réalisé le privilège d’avoir côtoyé un coureur de cette envergure. Si on m’avait dit plus tôt que je passerai deux saisons à ses côtés, je n’y aurais pas cru. J’étais admiratif de ses performances. Il y en a d’autres, c’est certain, mais Pierrick m’a vraiment marqué.

gp-plouay_9

Quel est ton meilleur souvenir ?

J’en retiendrai deux : mon Tour de France 2014 et le Championnat de France à St Brieuc en 2009 avec la victoire de Dimitri Champion. Etre acteur dans le final d’un Championnat c’est quelque-chose de grand dont je me souviendrai, d’autant plus à domicile.

Plus jeune, pensais-tu, un jour, participer au Tour de France ?

Non, en junior j’avais un niveau correct mais je ne pensais pas atteindre le niveau professionnel. J’ai eu la chance d’évoluer avec l’équipe et d’avoir cette opportunité. Je remercie l’équipe ainsi que (Manu) mon manager de m’avoir donné cette chance.

 

FacebookTwitterGoogle+