Hutarovich dans le souffle des trains

À la World Ports Classic, notre champion de Biélorussie, près du succès, a navigué seul dans les derniers kilomètres.

À 31 ans, Yauheni Hutarovich est comme Romain Feillu un sprinter de grande expérience, qu’on écoute. Le champion de Biélorussie avait ainsi convenu avec Roger Tréhin, notre directeur sportif, et le groupe de l’approche des deux « très probables » sprints de la World Ports Classic, les 23 et 24 mai, à Anvers et Rotterdam. En mode « Tour de France ».

 » On ne rêve pas. Le staff de l’équipe retiendra peut-être, et ce n’est pas certain, un sprinter pour le Tour, pas deux, expliquait Yauheni. Et celui-là devra se débrouiller seul en juillet. Autant se préparer à l’exercice. Et puis, avec Dan McLay avec qui j’ai déjà bien fonctionné quelquefois dans la saison, on s’est aperçu que face aux trains de nombreuses équipes, on se perd souvent arrivés aux 500 mètres. Parce qu’on n’est que deux et qu’on se prend forcément des courants d’air quand les grosses écuries mettent le turbo… »

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« L’idée, plutôt que subir la domination des trains, de plus en plus nombreux, est plutôt d’en profiter. Mais pour ça, il faut être seul. Je sais que Romain (Feillu) partage mon opinion. » Ce dernier, rentré au récent Tour de Picardie après une longue coupure, a été moins en vue à la WPC, mais il était néanmoins placé, les deux jours, dans les derniers kilomètres. Lors du Tour 2014, livré à lui-même comme il apprécie, Romain avait signé quatre Top 10.

«  Boeckmans a fait une vague, j’ai arrêté une fraction de seconde.

Les centimètres qui m’ont manqué sur la ligne « 

Yauheni, lui, a bien failli l’emporter le premier jour à Anvers. Il ne lui a manqué qu’une dizaine de… centimètres face à l’Italien Andrea Guardini, surgi au dernier moment du second rideau.  » C’est dommage, on a perdu trop tôt Benoît (Jarrier) et Dan (McLay) dans un coup de bordure. mais j’ai tout de même réussi à bien me placer dans les derniers kilomètres. Mais aux 300 mètres, quand j’ai voulu faire mon effort sur la gauche, Kris Boekmans s’est élancé en même temps que moi et a fait une vague. J’ai dû stopper de pédaler une fraction de seconde et c’est ce qui m’a manqué pour garder un tout petit avantage sur Guardini. »

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Battu d’un souffle le premier jour, Yauheni avait encore des regrets le second à Rotterdam. Maillot vert sur le dos du fait de sa 2è place la veille, il a fait partie des « dégâts colatéraux » d’une chute collective impressionnante, dans l’ombre, sous un pont, à 4 kilomètres de l’arrivée. Déjà à près de 60 kilomètres-heure…  » C’était un truc de fou, il y avait des mecs partout, les boyaux explosaient, des roues pêtaient sous les chocs! Je me demande encore comment j’ai réussi à passer entre les coureurs à terre et les vélos. j’ai juste déchaussé mais j’ai dû faire un sprint long pour revenir vite dans le petit groupe d’une quinzaine de coureurs à l’avant. Et quand je me recale dans les roues, le train des Lotto embraye pour Boeckmans. Je n’ai pas eu le temps de récupérer, j’étais dans le rouge au moment de lancer le vrai sprint, celui de l’arrivée. »

 » Dan (McLay) a commencé à bosser aux 30 kilomètres. C’est trop. « 

14è à Anvers, 3è au classement général final derrière Boeckmans et Napolitano, il maintient que sa méthode est la bonne.  » Le deuxième jour, Dan a encore fait un boulot de dingue. Mais il se met à la planche à 30 kilomètres de l’arrivée, c’est top pour me placer dans les dix dernières bornes. Mais il est cuit ensuite, c’est trop. Mais je reste persuadé qu’on peut faire de jolis coups en nous débrouillant seuls. »

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