Nos petits bonheurs wallons

La Flèche wallonne a montré que l'équipe savait aussi être performante au plus haut niveau.

Photos @reporterSirotti.

La Flèche wallonne, le 22 avril, était la quatrième épreuve World Tour de Bretagne-Séché Environnement. Après Paris-Nice, le Tour de Catalogne et Paris-Roubaix, elle a montré que l’équipe n’avait aucun complexe à nourrir face aux plus puissants du peloton international. Même si afin de satisfaire à l’ambition de rivaliser au plus haut niveau, il y a encore quelques marches à gravir. Mais ce printemps 2015, dont la Flèche marque pour nous le terme, avant le cycle des courses à étapes vers le Tour de France, restera très encourageant. Constat en cinq points.

1 LA CONSTANCE DE JONATHAN HIVERT. Le puncheur tourangeau est arrivé chez Bretagne-Séché Environnement pour redonner un élan à sa carrière, après une année en demi-teinte chez Belkin. C’est déjà réussi, même s’il n’a pas encore conclu par une victoire. Jonathan a encore répondu présent dans le final du Mur de Huy: 16è à l’arrivée. « C’est ma place, convenait-il. J’étais entre 15 et 20 au pied, j’y suis resté. Il me manque encore quelque chose pour envisager un Top 10 dans un tel contexte. » Depuis début février et sa 5è place à La Marseillaise, il n’a pas arrêté: six Top 5, quinze Top 20 sur à peine plus de trente jours de course. Une présence aux premières loges en World Tour déjà remarquée lors du Tour de Catalogne. Bientôt, Jonathan va souffler, pour remettre en route dans l’optique, par exemple, d’un championnat de France qui pourrait lui sourire.

2 LE RETOUR DE BRICE FEILLU. On ne s’inquiétait pas encore, mais… Brice Feillu avait dû interrompre sa saison tout le mois de mars, souffrant d’un lumbago suite à une chute à l’Étoile de Bessèges. « C’est dur de revenir après plusieurs semaines sans vélo pour un Critérium international où tous les gars marchent« , avoue le cadet des Feillu. Après de bonnes sensations lors du Tour du Finistère, la Flèche wallonne l’a remis dans le sens de la marche dans l’approche du Tour de France. Il y a effectué 185 kilomètres d’échappée, et aurait aimé aller un peu plus loin si ses compagnons de fugue, Thomas de Gendt en premier lieu, avaient été plus soudés. N’empêche, les doutes sont chassés chez Brice, qui va poursuivre sa préparation au Tour de Turquie. Quelques obstacles montagnards lui permettront d’en savoir encore un peu plus, à deux mois du rendez-vous de juillet.

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3 BIENTÔT, CE SERA AU TOUR D’EDUARDO SEPULVEDA. « Edu » avait eu l’extrême courage de poursuivre sa route au Tour de Catalogne, après une lourde chute le troisième jour et quelques heures à l’hôpital le soir. Mais une fois l’épreuve achevée, il lui a fallu penser ses plaies. Le visage abîmé, il souffrait de la mâchoire et s’était cassé une dent… Finalement, cette pause dans le calendrier prévu jusqu’à la Flèche wallonne… tombait presque bien.  » Dans le final de la Flèche, il m’a manqué une course de préparation pour que les jambes répondent comme il faut, soulignait-il. C’est dur de rentrer à ce niveau après quatre semaines. » N’empêche, il a tenu jusqu’à la côte de Chavanne, à cinq kilomètres de Huy, ce qui démontre tout son potentiel. Eduardo a désormais son premier Tour de France en ligne de mirer. C’est bon signe.

4 UN TEAM SOUDÉ AUTOUR DE PIERRICK FÉDRIGO. La mainmise de l’équipe sur le Tro Bro Leon, le 19 avril, a-t-elle marqué un tournant ? Possible. Bretagne-Séché Environnement n’a pas gagné ce jour-là mais cinq coureurs (Jarrier, Périchon, Vachon, Ledanois et Delaplace) étaient entre la 2è et la 11è place, et surtout n’ont jamais subi les événements, à part… dans les cent derniers mètres. Collectivement, l’équipe a également bien fonctionné à la Flèche wallonne. Brice Feillu a pris l’échappée mais Pierre-Luc Périchon et Matthieu Boulo étaient aussi près à la faire, dédiés à ce rôle dans un premier temps. Pas si loin de Jonathan Hivert, Pierrick Fédrigo, Eduardo Sepulveda et Florian Vachon ont été à deux doigts de basculer avec les meilleurs en haut de Chavanne. Armindo Fonseca n’en avait été écarté que par une chute (avec Froome) puis une crevaison. Bretagne-Séché Environnement monte en puissance collectivement. À cet égard, l’exemplarité de Pierrick Fédrigo, qui incite à courir plus compact, moins dispersé, qui entraîne ses coéquipiers dans une belle dynamique tout en allant chercher des résultats, a déjà beaucoup apporté depuis trois mois.

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5 ET DES STATISTIQUES QUI PÈSENT ! Le début de saison de l’équipe a donné lieu a une jolie densité des résultats. Ce qu’il faut retenir à cette date du 23 avril:

– Bretagne-Séché Environnement est depuis trois semaines en tête de l’UCI Europe Tour, et peut donc être considéré comme l’actuelle 19è équipe mondiale,

– quatre coureurs figurent dans le Top 25 de l’UCI Europe Tour individuel: 4è Fédrigo, 16è Hivert, 19è Romain Feillu, 25è Sepulveda

– Pierrick Fédrigo est leader, à mi-parcours (huit épreuves disputées sur seize) de la Coupe de France PMU, et hui autres coureurs BSE figurent parmi les 30 premiers: 9è Romain Feillu, 11è Jarrier, 12è Delaplace, 16è Ledanois, 17è Hivert, 23è Laborie, 24è Périchon, 27è Vachon.

– Bretagne-Séché Environnement est leader de la Coupe de France PMU par équipes, dont elle est détentrice

– elle compte sept victoires cette saison, contre quatre sur tout l’exercice 2014 (et quatre en 2013)

– elle a accumulé depuis le Tour de San Luis, en janvier, trente-cinq Top 5 et cinquante-sept Top 10 !

 

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