« Hâte de défier le col d’Èze »

Eduardo Sepulveda disputera dans Paris-Nice son premier chrono en côte.

Eduardo Sepulveda a remporté le 28 février sa première victoire chez les professionnels au terme des Boucles Sud Ardèche (UCI Europe Tour, 1.1). À 23 ans, rouleur et grimpeur de talent, il incarne l’avenir de l’équipe Bretagne-Séché Environnement et il a pris le départ de Paris-Nice (8 au 15 mars) en tant que co leader. Eduardo peut être la révélation de Paris-Nice 2015, bien avant le col d’Éze.

Photo Bruno Bade

Tu viens de remporter ta première victoire professionnelle dans les Boucles Sud Ardèche. Quels sentiments cela te procure-t-il ?

Je suis simplement plus relax. Je ressentais une grosse pression en ce début de saison 2015. L’année dernière n’a pas été bonne pour moi. Je n’ai pas su soigner à temps cette blessure au genou qui m’a empêché de disputer mon premier Tour de France. Malgré cela, Emmanuel Hubert (le manager général de Bretagne-Séché Environnement) m’a renouvelé sa confiance. C’est valorisant, mais vous met également une grosse pression. Je voulais gagner vite. Je l’ai fait fin février, c’est parfait. Je me sens du coup un peu plus tranquille. Enfin, je me sentais plus tranquille jusqu’au prologue de Paris-Nice. Là, je me suis un peu raté. Je n’ai pas osé employer de gros braquets, je me suis sans doute tropé, et retrouvé un peu loin (à 33 secondes de Kwiatkowski, vainqueur).

Tu es plutôt considéré comme un coureur par étapes et tu a ouvert ton palmarès dans une course d’un jour…

Oui, et ça participe à m’apporter de la confiance. Plus tard, j’aurais peut-être un rôle à jouer dans certaines courses d’un jour. C’est vrai, je me sens plutôt coureur par étapes. Après la piste, jusqu’à 19 ans, c’est dans les chronos que j’ai d’abord brillé sur la route. Puis je suis devenu un grimpeur correct. Donc les courses à étapes, c’est logique, d’autant que je récupère bien. Sur une journée, je n’avais plus gagné depuis une étape du Tour de Franche-Comté chez les amateurs, en 2012, quand je portais le maillot du Centre mondial du cyclisme.

Paris-Nice, tu ne l’as disputé qu’une fois, en 2014, qu’en as-tu retenu ?

C’est une course incroyablement nerveuse, surtout les deux-trois premiers jours quand les sprinters et leurs équipes veulent conclure avant d’arriver sur des terrains plus vallonés. C’est le premier rendez-vous de l’année avec un impact médiatique fort, l’enjeu monte d’un cran et ça se sent dans le peloton. À partir du quatrième jour, l’an dernier, je m’étais senti plus serein.

Tu as regardé le parcours 2015, il te plait ?

L’arrivée en haut d’un col de 10 kilomètres (la Croix-de-Chaubouret), j’apprécie. Je pense que le col d’Éze peut m’être favorable aussi. Mais bizarrement, je n’ai jamais disputé le moindre chrono en côte depuis que je suis chez les pros. J’ai hâte d’y être.

Que vises-tu ?

Un Top 10 au classement général. Et si en courant devant j’ai la possibilité de disputer une victoire d’étape, je jouerai ma carte à fond.

Tu avais débuté ta saison au Tour de San Luis en janvier, puis tu as couru l’Étoile de Bessèges et le Tour du Haut-Var, tu as cumulé près de vingt jours de course sur ton Look 795, quelles sont tes sensations ?

Déjà, quand je l’ai testé cet hiver pour la première fois, j’ai trouvé le changement impressionnant avec mon ancien matériel. On sent tout de suite que le 795 est très rigide, qu’il transmet toutes les sensations et qu’à chaque coup de pédale, il répond de façon excellente. Oui, c’est surtout la rigidité du cadre que je retiens, elle me surprend encore au bout de ces quelques premières semaines de la saison. Quand on attaque, le vélo répond bien par l’avant, il fait ce qu’on veut qu’il fasse, c’est ce que j’aime. En montagne c’est aussi un cadre bien adapté, j’apprécie d’autant plus. Tout ce que veut un coureur, c’est que ses sensations sur le vélo se transmettent dans l’effort. Avec le 795, on est servi.

Avec ce vélo, tu as l’impression d’être armé pour jouer les premiers rôles ?

Psychologiquement, savoir que l’on a ce qui se fait de mieux en terme de matériel est très important. Mon père était un fou de mécanique, il courait chez les amateurs en Argentine et adorait bricoler ses vélos, j’ai grandi dans cette culture de l’attention au matériel. Dans les Boucles Sud Ardèche, quand j’étais échappé dans le final, je savais que je pouvais aussi compter sur mon vélo pour couper sèchement les trajectoires dans les descentes, ne pas perdre un pouce de terrain ni quelques secondes, tout se joue tellement à rien dans le cyclisme pro. Quand on a cette confiance en son vélo, oui, on se sent plus fort. Le dernier jour de Paris-Nice, si je dois accomplir une grosse performance dans le col d’Éze, je saurai que je pourrai compter sur mon vélo Look.

 

 

 

 

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