Francis Mourey « Je veux montrer quel coureur je suis »

Référence du cyclo-cross mais pas seulement, Francis sera avec nous en 2016.

Photos Agence Panoramic.

Francis Mourey sera après Steven Tronet, Franck Bonnamour, Julien Loubet, Chris-Anker Sorensen et Boris Vallée la sixième recrue de Fortuneo-Vital Concept en 2016. Huit fois champion de France de cyclo-cross, médaillé de bronze au championnat du monde en 2006, Francis est aussi un routier accompli (vainqueur du Tro Bro Leon et 20è du Tour d’Italie en 2013) et un coureur fidèle : il vient de passer douze ans au sein de l’équipe FdJ. Il explique pourquoi, à 34 ans, il a choisi Bretagne-Séché Environnement nouvelle version pour « rebondir ».

Tu termines une douzième saison pro sous le maillot de la FdJ. Tu te fais à l’idée de changer d’univers début janvier ?

C’est un peu de pression et à la fois, entre coureurs nous nous connaissons tous, ce n’est pas comme débarquer dans un endroit où on n’a aucun repère. Et d’un autre côté oui, c’est vrai, je ne connais pas le personnel de l’équipe, son fonctionnement, je dois apprendre. Mais tout cela est balayé par l’attrait du challenge sportif. J’ai hâte d’être à début janvier, même si j’effectue tout le début de la saison de cyclo-cross avec un maillot FdJ.

Comment es-tu arrivé chez Bretagne-Séché Environnement, bientôt Fortuneo-Vital Concept ?

C’est moi qui ai appelé Emmanuel Hubert mi-septembre, quand j’ai appris que mon équipe ne renouvelait pas mon contrat. « Bretagne » était l’une des toutes premières qui pouvaient m’intéresser. Elle a monté en gamme ces dernières saisons, dispute de très belles courses maintenant, et parait conserver un esprit familial dans un cadre très professionnel. Ça ne ressemble pas à une usine à gaz, ça me plait…

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Tu ne t’es jamais dit : j’ai 34 ans, j’ai été huit fois champion de France de cyclo-cross mais je ne le suis plus, c’est le début de la fin ?..

Jamais. Je toujours senti que j’irai au bout de cette carrière, si c’est possible, tant que j’aurais l’envie. De me battre, d’avoir des objectifs. Je me voyais mal terminer cette année par exemple, je l’aurai mal vécu. Là, au contraire, je trouve un nouvel élan, je vais rebondir. Je veux bien faire sous mon nouveau maillot, montrer quel coureur je suis. C’est très motivant.

Comment vas-tu gérer ton hiver ?

Je vais modifier mon approche de la saison de cyclo-cross. Je veux pouvoir revenir un peu plus vite à la route, être opérationnel en mars plutôt qu’en avril comme c’était souvent le cas. Donc mes plans d’entraînement vont bouger. Je ne vais pas faire tout l’hiver à bloc. Je serai un peu plus relâché jusque début décembre afin de monter en pression vers janvier, le championnat de France puis le championnat du monde. C’est une bonne opportunité d’ailleurs car de plus en plus je constate que les meilleurs au championnat du monde fin janvier-début février sont ceux qui n’ont pas connu un hiver plein. Comme Mathieu Van der Poel par exemple l’an dernier.

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J’imagine qu’à la FdJ tu devais être suivi par un entraîneur. Comment vas-tu planifier ta préparation désormais ?

Non, je n’ai pas d’entraîneur ! Je suis un cas isolé, je ne suis pas très… moderne ! Je n’ai jamais regardé un compteur par exemple ou une montre cardiaque pour gérer mes efforts, mes séances d’entraînement. Moi, je pars juste avec mon smartphone dans la poche, j’ouvre l’application Strava, j’ai le temps passé sur la route et le nombre de kilomètres quand je rentre et ça me suffit. Je sais très bien ce que j’ai à faire, j’ai toujours fonctionné comme ça.

Mathieu Van der Poel, le champion du monde de cyclo-cross, a 21 ans, le podium 2015 avec lui, le Belge Van Aert et le Néerlandais Van der Haar rassemblait trois coureurs entre 20 et 23 ans… Tu penses être encore compétitif face à cette nouvelle génération ?

Oui ! Le cyclo-cross, c’est une course d’une heure où tout peut toujours arriver. Je sais juste que désormais, vu ce le niveau, on ne peut plus arriver au Mondial sans réserve, sans être frais. Je connais le circuit de Zolder et j’aime l’ambiance belge, j’ai envie.

Que peux-tu amener du cyclo-cross chez Fortuneo-Vital Concept ?

Dès cet hiver un deuxième maillot de champion de France à côté de celui de Steven Tronet, un deuxième maillot de champion du monde après celui de Kevin Ledanois (il rit) ? J’aimerai bien que d’autres coureurs aient envie de se mettre un peu au cross, y découvrent que l’ambiance est géniale, et que le travail effectué est une excellente base pour le route.

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La route, qu’y espères-tu ?

Gagner des courses, aider mes leaders à gagner des courses. Je termine 20e d’un Giro difficile en 2013, je peux aussi être un élément intéressant sur un grand Tour. Ce qui est certain, c’est que je n’entends pas me contenter de n’être performant que l’hiver. C’est un beau challenge.

Tu n’as pas l’impression d’être passé au travers d’une plus belle carrière de routier ?

Non. Je n’aurais pas aimé me consacrer qu’à la route. J’ai besoin de cet équilibre avec le cross. Et je suis fier de mon parcours, de mon palmarès. Gagner un cyclo-cross, c’est au moins aussi difficile que gagner une belle course sur route. On est seul et l’aspect tactique prend moins de place. Quand je vois toutes ces courses se terminer par un sprint massif, ces sprinters qui gagnent n’en exploitant leur vrai potentiel athlétique que sur les 300 derniers mètres… Je ne suis pas envieux, mais je ne sous estime pas non plus ce que j’ai pu faire.

Tu as remporté le Tro Bro Leon (en 2013) mais jamais brillé sur Paris-Roubaix, un terrain où on pourrait t’attendre ?

Cette histoire de programmation… Je faisais tout l’hiver à bloc, je ne revenais sur la route que fin mars-début avril, forcément je « sautais » au bout de 200 bornes dans une course aussi exigeante que Paris-Roubaix… Je ne l’ai jamais vraiment préparée. Ça fait partie des choses qui peuvent changer chez Fortuneo-Vital Concept, de celles dont il me faut discuter avec Emmanuel Hubert et son staff.

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