Eduardo Sepulveda « C’était un moment fantastique »

Eduardo se rappellera du Tour du Doubs 2015. Mais il pense déjà au futur, malgré sa fracture du péroné trois jours plus tard.

photos Bruno Bade.

Eduardo Sepulveda a remporté le 13 septembre sa deuxième victoire 2015 –et sa deuxième chez les pros- au Tour du Doubs, six mois après son succès aux Boucles Sud Ardèche. A 24 ans, il confirme ainsi qu’il sera, sans doute dès la saison prochaine, un coureur qui comptera au plus haut-niveau. De plus en plus « montagnard », il vise les épreuves d’une semaine et ignore tout de son réel potentiel dans un grand Tour.

Ce doigt levé vers le ciel à Pontarlier, sur la ligne d’arrivée du Tour du Doubs, on imagine que c’était un hommage à ton papa disparu ?

C’est curieux mais la veille, lors de mon voyage en train, j’ai pensé que j’aimerais gagner une course un jour et pouvoir, en franchissant la ligne, montrer que je dédiais la victoire à mon père. Et le lendemain, j’ai gagné, et j’ai eu le temps d’y penser et de le faire ! C’était simplement un moment fantastique.

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C’était aussi un moment spécial pour toi, une revanche ?

Le sport est ainsi fait, de bas et de hauts. J’ai payé cher une erreur « innocente » en juillet, l’équipe également. Mais il faut savoir se relever vite et tourner la page. C’est fait.

Tu as débuté dans le Tour de France cette année, qu’en as-tu retenu pour l’avenir ?

Sincèrement, je ne sais pas encore. J’étais vraiment dans l’inconnu en fin de deuxième semaine. À la fois j’espérais beaucoup des Alpes, un terrain que j’aime, mais j’attendais aussi avec impatience la deuxième journée de repos tant je me sentais fatigué. Le Tour n’est pas une course « normale ». Le niveau est très élevé mais beaucoup n’hésitent pas à se mettre en danger sur le vélo. Ça roule très vite, il y beaucoup de stress, il faut toujours rester devant parce qu’une chute même sans gravité peut coûter cher. Maintenant, je connais le Tour, ses particularités et je sais que l’an prochain je pourrai être davantage concentré sur la course elle-même, pas seulement ma « survie » dans le peloton.

Tu as voulu revenir très vite en cette fin de saison ?

Oui, le Tour de Burgos début août m’offrait tout de suite l’occasion de me remettre en marche. Deux jours après mon départ du Tour, j’étais à nouveau à l’entraînement. Je ne m’étais pas rendu compte à quel point les deux semaines de Tour de France m’avaient épuisé psychologiquement. Je n’étais pas au top à Burgos. C’est dommage, c’est une course qui me convient bien.

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Tu es un homme de courses à étapes et cette saison tu as remporté deux courses d’un jour, les Boucles Sud Ardèche et le Tour du Doubs. Cela change-t-il ta façon de penser à la suite ?

Ça ne change rien pour moi. Je crois me connaître et je sais qu’à ce moment de ma carrière, ce sont les épreuves d’une semaine qui me sont les plus favorables. Mais remporter des courses d’un jour est une belle source de motivation, et j’en tire de la confiance supplémentaire.

Tu t’es fracturé le péroné de la jambe droite trois jours après le Tour du Doubs, lors de la Coppa Agostoni. Un coup dur tout de même ?

J’aurais eu ma part de malchance ces derniers mois… J’était très motivé à l’idée de porter le maillot de mon pays aux championats du monde la semaine suivante. Mais je veux surtout retenir du positif : cette année restera tout d’abord comme celle où j’ai remporté les deux premières victoires de ma carrière chez les pros (Boucles Sud Ardèche et Tour du Doubs). Maintenant, je veux mettre toute mon énergie pour revenir plus fort en 2016. Nous serons encore meilleurs sous les couleurs de Fortuneo-Vital Concept. J’en profite pour remercier toute l’équipe pour cette belle saison, les coureurs qui m’ont accompagné comme l’encadrement.

Que te souhaiter pour 2016 ?

Simplement de gagner davantage de courses, et de terminer un grand Tour. Je veux vivre cette expérience, si possible un bon résultat à la clé. Mais je suis pas capable de définir un objectif précis à ce sujet aujourd’hui.

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