Ça va payer, Monsieur Hivert !

Cinq Top 5 déjà en 2015, Jonathan est tout près de la gagne

Photos Bruno Bade, @reporterSirotti et Volta Cataluna.

Jonathan Hivert, coutumier du fait, a été en ce début de saison 2015 l’un des des hommes de base de l’équipe Bretagne-Séché Environnement. À la fin mars, ses statistiques étaient éloquentes: cinq Top 5, les deux plus récents en World Tour à l’occasion de deux étapes du Tour de Catalogne, huit Top 10. Mais pas encore de victoire.

« Ce n’est pas mon plus beau début de saison, 2013 par exemple a été meilleur, j’avais gagné trois courses (Étoile de Bessèges et deux étapes de la Ruta del Sol) et effectué un excellent Paris-Nice alors que celui de cette année m’a déçu, explique notre coureur tourangeau. Mais l’enchaînement est encourageant. Je sais qu’il faut savoir attendre son heure. Elle viendra. »

En avril, Jonathan Hivert a prévu de ne pas baisser de pied: « Je dois d’abord penser à récupérer, enchainer deux épreuves à étapes World Tour comme Paris-Nice et Catalogne est éprouvant. Mais je ne veut pas trop couper, et profiter de l’élan. Au moins jusqu’à la Flèche wallonne. » Il sera attendu dans le Mur de Huy. Auparavant, il revient sur cinq occasions de ce début de saison où il a été tout près de « la gagne »…

« À La Marseillaise, si je laisse Flo m’emmener jusqu’au bout… »

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La Marseillaise, le 1er février, 5è:  » J’ai un éclair à 500 mètres de la ligne, devant le Vélodrome, à Marseille. Mais pas un éclair de génie… Je suis bien calé dans la roue de Flo Vachon, qui m’emmène depuis deux bornes. Nous sommes côté droit, en deuxième rideau. Les Lotto sont sur la gauche. La porte s’ouvre et je joue ma carte, j’anticipe. De trop loin. Je plafonne dans les deux-cents derniers mètres… Si je laisse Flo m’emmener jusqu’au bout comme prévu, je gagne peut-être ? « 

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Trophée Laigueglia, 12 février, 11è: « C’était particulier. Une arrivée en descente, en tout cas avec très peu de plat au pied d’une descente super rapide. Pas pour moi, avec mon poids plume. Je fais « 11 » et je suis à ma place. On est arrivés à pleine vitesse. Dans les 300 derniers mètres, j’ai davantage penser à me battre pour ne pas perdre de places plutôt qu’essayer d’en gagner. C’est une bonne expérience, pour ici plus tard ou pour ce type d’arrivée ailleurs. Je suis fixé: je sais qu’il me faudra anticiper et ne pas attendre un sprint massif, sinon je suis mort. »

« Contre Philippe Gilbert, un sprint de teigneux »

Jonathan Hivert

Tour du Haut-Var, Étape 1, le 21 février, 2è : «  Là, ce n’est pas pour « la gagne » puisque Ben Gastauer finit seul, dernier de l’échappée à résister. On savait que c’était compliqué avec un virage sévère aux 150 mètres, il fallait jouer placé. Mais ça montait deux bornes, il y a moins d’aléas dans ce cas. J’ai été impeccable dans le placement et j’ai fait un sprint de teigneux. Je mets Gilbert à plusieurs longueurs. J’étais content de moi, et même pas déçu de faire « deux », Gastauer méritait de gagner. »

Tour de Catalogne, Étape 2, 24 mars, 4è : «  Il faisait mauvais temps, il y avait pas mal de virages dans les deux-trois derniers kilomètres, c’était étiré. Mais on sentait de la prudence chez chacun, malgré la tension d’un final. Je démarre assez tôt mon sprint,  je fais les bons efforts au bon moment ce jour-là. Mais, sur la droite de la route, je me rends compte que Valverde et Rojas, les deux Movistar, sont beaucoup « plus vite » que moi. Rien à regretter. »

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 » Pourquoi ne suis-je pas resté pile poil dans la roue de Julian Alaphilippe ?.. »

Tour de Catalogne, Étape 6, 28 mars, 5è : «  Ma plus belle occasion manquée cette saison. 200 kilomètres d’échappée à penser qu’il ne faut pas merder, surtout arriver groupés, je suis le plus rapide avec Julian Alaphilippe… Je me revois sous la flamme rouge à me dire: « C’est bon, tout se passe bien ». Julian a encore un équipier, je n’ai juste qu’à prendre sa roue, lui laisser l’initiative du sprint car c’est certain son équipier va l’emmener, et la jouer ensuite à la pédale. Et puis un coureur vient s’intercaler entre nous, laisse trois mètres et surprise, aux 600 mètres Julian anticipe ! Le temps que je réagisse, il a dix mètres, je veux boucher, j’emmène tout le monde et le Katusha (Chernetskii) nous arrange et saute Julian sur la ligne. Je fais cinq, mais deux ou cinq ce jour-là, c’est pareil. J’aime bien Julian Alaphilippe, mais il m’a joué un sacré tour. Pourquoi ne suis-je pas resté pile poil dans sa roue ?.. »

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