Boris Vallée « Je veux juste me faire ma place »

Boris, 22 ans, sprinter proche d'André Greipel chez Lotto-Soudal, explique pourquoi il rejoindra Fortuneo-Vital Concept en 2016.

Photos Bruno Bade, Lotto-Soudal, DR.

Le Belge Boris Vallée, 22 ans, solide gaillard d’1,88m, est la cinquième recrue 2016 de Fortuneo-Vital Concept, future appellation de notre équipe Bretagne-Séché Environnement. Après Steven Tronet, Franck Bonnamour, Julien Loubet et Chris-Anker Sorensen. Boris a signé deux ans en notre faveur, après deux années passées au plus haut-niveau chez Lotto-Soudal (Lotto-Belisol en 2014) où ce « sprinter contrarié » était dédié au « train » d’André Greipel notamment. Passé professionnel à 19 ans (en 2012, au sein de l’équipe Continental Pro Idemasport), il explique ici les raisons de son choix en notre faveur.

Pourquoi vas-tu rejoindre Fortuneo-Vital Concept en 2016 ?

Je suis un sprinter, j’avais envie de pouvoir m’exprimer dans mon registre, de faire mes sprints tout simplement. Chez Lotto-Soudal, je suis devenu « lanceur », membre des trains à disposition d’André Greipel, de Jens Debusschere , de Kris Boeckmans. C’est très valorisant pour un jeune coureur mais je veux construire mon palmarès. Il existait une belle opportunité chez Fortuneo-Vital Concept, j’en ai longuement parlé avec Emmanuel Hubert et Sébastien Hinault. Je n’ai vraiment pas à me plaindre de mon équipe Lotto-Soudal, j’ai souvent été félicité davantage que le vainqueur pour le travail accompli dans les derniers kilomètres… Mais je n’ai eu l’opportunité de jouer ma chance que trois fois dans la saison : je fais 3e au Santos Tour en Australie, 2e à Denain (derrière Nacer Bouhanni) et ma chaîne saute au Tour de Norvège… C’est peu.

GP DE DENAIN 2015 / PHOTO BRUNO BADE /

Tu es un vrai sprinter ?

C’est ce que j’étais dans les catégories de jeunes. Un sprinter très en confiance… Mais chez Lotto, je suis devenu plus « rouleur-sprinter », troisième ou quatrième lanceur. Mon job, c’est un sprint long jusqu’aux 800, 900 mètres, mettre les gaz et passer les trains adverses pour André (Greipel) notamment. André n’aime pas les sprints saccadés, hachés, il réclame à être emmené de loin. André est un grand leader, qui te fait sentir qu’il respecte ses coéquipiers. Et puis cette année, on a explosé le record de victoires de l’équipe : on en est à 41 en cette fin septembre. De mon côté, l’an dernier, je me souviens avoir fait partie d’un train Lotto-Belisol qui avait gagné sept fois de suite ! C’est magnifique, mais aussi un peu frustrant…

Tu as toujours été ce sprinter ?

Oui. Même si chez les jeunes, il m’arrivait aussi de gagner seul ou en échappée. Le vélo est davantage un jeu à ce niveau, et mon père m’encourageait à prendre des risques. Il connaît : il (Fernard Vallée) a été un très bon coureur amateur. Dans la famille, on est dans le vélo depuis plus de cent ans, quatre générations: mon arrière grand-père était déjà coureur !

Quel est ton meilleur souvenir avant ton expérience chez Lotto ?

J’en ai plusieurs. Les premiers Jeux olympiques de la Jeunesse en 2010 à Singapour, où je gagne la course en ligne. On arrivait sur le circuit de Formule 1, je savais qu’il y aurait beaucoup de gars rapides, je m’étais entraîné comme un dingue à des efforts de deux, trois kilomètres et j’ai surpris tout le monde dans « la finale ». Et puis un autre jour, une Coupe de Belgique chez les juniors où je me retrouve dans un quatrième peloton à près de 5 minutes. Je reviens, j’ai encore une minute de retard aux 3 kilomètres, les neuf devant se regardent et je viens les sauter sur la ligne…

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Tu rêves de quelles courses ?

J’ai beau être wallon, mon plus grand rêve est le Tour des Flandres, sans doute parce que mon gabarit et mes qualités s’y prêtent aussi. De ma province de Liège, je vais souvent rouler dans les bosses de l’Amstel Gold Race mais je sais que j’aurais toujours du mal à digérer leur enchaînement. Les Flandres, c’est différent. Avec Fortuneo-Vital Concept, j’espère pouvoir m’exprimer dans de belles courses flandriennes déjà en 2016, comme le Grand Prix E3.

À quel champion actuel voudrais-tu ressembler ?

Je veux être moi-même et si ç’a pu m’arriver plus jeune, je n’ai plus vraiment envie de ressembler à un autre. Ce n’est pas de la prétention mais je veux juste me faire ma place.

Tu connais déjà des coureurs Bretagne-Séché Environnement ?

Yauheni Hutarovich et Dan McLay, avec qui j’ai souvent couru en Belgique. C’est drôle mais avant même de savoir que je serai avec eux, il m’est souvent arrivé de discuter avec des coureurs de l’équipe Bretagne dans le peloton. Parce que je suis francophone et qu’au fil du temps, je les ai trouvé plus sympas que d’autres. De l’extérieur, on ressent une belle ambiance entre eux.

Tu as le même âge que Kevin Ledanois mais tu ne pouvais disputer le championnat du monde Espoirs, puisque sous contrat avec une équipe World Tour. Que penses-tu de sa victoire de Richmond ?

Je n’ai pas vraiment été surpris. Kevin, je le côtoyais déjà dans les courses internationales chez les juniors. Je roule souvent avec Loïc Vliegen, qui court chez BMC et avec qui je suis presque voisin. Ça nous est arrivé de parler de Kevin, un adversaire qu’on respecte… À Richmond, il a prouvé quel coureur il était déjà. C’est sans doute un leader à venir.

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