Benoît Jarrier passion Roubaix

Tout près des meilleurs cette année sur les pavés, Benoît rêve de beaucoup mieux.

Benoît Jarrier a été le meilleur coureur Bretagne-Séché Environnement à l’arrivée de Paris-Roubaix. Il a pris la 38è place, à 3’21 » du vainqueur John Degenkolb. Mais il n’a été écarté des débats pour une place dans un Top 25 que sur crevaison, juste avant le secteur pavé décisif du carrefour de l’Arbre, à vingt kilomètres du vélodrome nordiste.

Globalement, ce Paris-Roubaix a été marqué côté BSE par une extrême malchance. Pierre-Luc Périchon, qui a passé 160 kilomètre en tête de la course pour avoir intégré l’échappée matinale, a ainsi connu quatre crevaisons et un bris de matériel le reléguant loin de la tête. Yauheni Hutarovich a crevé, puis brisé sa roue dans Aremberg avant d’être empêché de changer de vélo, son « mulet » endommagé. Dan McLay, Christophe Laborie, Matthieu Boulo, Frédric Brun et Kevin ledanois n’ont pas été plus chanceux.

De son côté, Benoît Jarrier reste très enthousiaste à l’égard d’une course qui le passionne un peu plus chaque année. Il n’a que 26 ans, et aura encore l’occasion d’y briller. Il détaille sa passion.

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IL A APPRIS À AIMER PARIS-ROUBAIX. « Mon intérêt pour Paris-Roubaix a grandi au fil de mes participations. Les trois chez les Espoirs déjà, ça compte, et mes trois chez les pros désormais. Bien entendu, je me suis intéressé aux gros matches Boonen-Cancellara dès que j’ai été ado et que j’ai fais du vélo, mais je n’étais pas accroc devant la télé, gamin, comme je le suis aujourd’hui sur le vélo. J’ai aimé tout de suite. Dès ma première participation, j’ai eu le sentiment de bien passer les pavés, même s’il y a beaucoup de souffrance ce jour-là. Et puis en 2014, j’ai fait 170 kilomètres devant en prenant l’échappée du matin. J’ai été bluffé par l’atmosphère quand on ouvre le parcours, l’excitation de tous, les cris du public, le fracas des vélos sur les pavés, différent ce celui du peloton. J’en ai longtemps gardé des frissons. »

IL SAIT GÉRER L’AVANT ROUBAIX. « Je sais aussi maintenant ce qui me convient vraiment avant Roubaix. C’est disputer le Circuit de la Sarthe la semaine qui précède, du mardi au vendredi. Ce n’est pas parce que c’est chez moi, bien qu’il me soit agréable de courir le dernier jour sur des routes d’entraînement, devant mes proches. Non, c’est l’enchaînement de quatre jours de course qui me convient. Je peux travailler comme il faut, dans les intensités de la compétition, et sans laisser trop de jus. Nous sommes moins de cent au départ, je n’aime pas trop frotter, ce n’est jamais tendu dans ce peloton de la Sarthe et j’aime ça. Disputer cette épreuve me prive des deux journées de reconnaissance sur les pavés bien entendu, mais j’ai maintenant le sentiment de bien connaître le tracé et les secteurs. La seule info qui me manque, c’est l’état des pavés, mais le staff et les autres coureurs me le détaillent bien la veille de Paris-Roubaix, ça suffit. »

IL SAIT ROULER SUR LES PAVÉS. « Je pense tirer un grand bénéfice de ma pratique du cyclo-cross l’hiver, depuis toujours et encore maintenant. Elle me permet de toujours rester souple sur les pavés, de ne jamais me raidir comme j’en vois certains. Tout en emmenant le gros développement qui convient, surtout lorsque ça va vite comme cette année ! Je reste tout de même handicapé sur les premiers secteurs pour des raisons de placement, je ne suis pas kamikaze quand il faut frotter. À Aremberg cette année, j’étais encore un peu loin, vers la cinquantième position à l’entrée. Mais je suis sorti dans le groupe de tête et ça m’a donné une sacrée confiance. »

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IL A LE VÉLO IDÉAL. « Dix jours avant Paris-Roubaix, j’ai voulu courir avec le Look 675 qu’on avait pour l’événement. J’avais demandé à nos mécaniciens de me le monter pour la Route Adélie, de façon à ce que je prenne mes repères. J’ai juste dû baisser la selle de 2 millimètres à Vitré. J’ai bien senti le vélo tout de suite, d’autant que j’étais déjà bien ce jour-là, très présent dans le final. Pour moi, c’est le vélo idéal pour Paris-Roubaix, un super compromis entre notre Look 795 habituel, très rigide, et le confort dont on a besoin sur les pavés. Je m’y suis senti très bien toute la journée de Roubaix. J’ai juste eu un petit problème avec ma roue avant, qui s’est fissurée à partir des mauvais pavés de Bersée et Mons-en-Pévèle; au freinage, c’était un petit problème. Je suis certain que nos partenaires d’American Classic sauront nous améliorer ça l’an prochain. Une jante un peu plus large, un renfort de carbone, je ne sais pas ?.. En tout cas, ces roues carbone 38mm ont un rendement incroyable sur l’asphalte, ça vaut la peine d’y travailler. »

IL A DES REGRETS, MÊME À TROIS MINUTES DE DEGENKOLB. « Tout est gâché cette année par ma seule crevaison, juste avant les pavés du carrefour de l’Arbre, à 20 kilomètres du vélodrome. Sans ça, je pense que je finis dans le groupe qui arrive pour la place de 24, à 1’30’’ de Degenkolb. À peine à plus de 3 minutes dans une telle course, à la pédale, ça veut dire que je peux jouer un rôle. J’avais envie de reprendre comme l’an dernier l’échappée du matin, j’ai essayé deux fois mais ça roulait tellement vite que j’ai eu besoin de récupérer. Ensuite Pierre-Luc (Périchon) a réussi à se mettre dedans, c’était idéal pour nous. Je me suis senti de mieux en mieux, au fil des secteurs. J’avais vraiment la rage de ne pas avoir pu donner cent pour cent de ce que je valais dans le final. Franchement, j’avais des jambes de feu. Longtemps, je me souviens m’être dis : pourvu que tu n’aies pas à donner ta roue aujourd’hui, même si je l’aurais fait bien entendu… Il existe des jours comme ça où on sent qu’on peut faire des trucs incroyables. Un moment, j’ai cru que j’allais toucher le jackpot. »

IL A DÉJÀ 2016 EN TÊTE. « Je n’ai pas pour habitude de me faire un replay TV de mes courses, mais là je ne vais pas résister. J’ai envie de relever des détails qui m’auraient échappé, pour les années à venir. Je crois que j’ai un rôle à jouer dans Paris-Roubaix, peut-être dès 2016. Ce qui est certain, c’est que j’aurais ça en tête dès que la saison commencera. » Photos @reporterSirotti et James Startt/Agence Zoom.

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