Arnaud Gérard « Oui, je peux le faire! »

Vainqueur d'étape au Tour Poitou-Charentes, Arnaud y a puisé de nouvelles espérances.

Photos Photonews / Panoramic et Velowire.

Arnaud Gérard vit une belle fin d’été. Il a voulu couper après le Tour de France mais est revenu en force en s’imposant dans l’Étape 1 du Tour Poitou-Charentes, où il a porté le maillot de leader jusqu’à l’Étape 4. La compétition y était très relevé et Arnaud, qui n’avait plus gagné depuis… sept ans a senti un déclic. Même s’il n’a jamais baissé les bras, au fil des années.

Raconte-nous comment on peut perdre un maillot dans le final d’une étape insignifiante comme celle du troisième jour au Tour Poitou-Charentes…

Il pleuvait, je déteste ça. Aux 2 kilomètres, je recule un peu alors que je suis bien placé, et puis il y a une enfilade de virages, ça glisse… Les commissaires décident de prendre le temps sur une cassure à hauteur de la trentième place. Ils auraient pu s’en priver vu les conditions. Je perds le maillot pour une seconde et je ne dispute pas le contre la montre qui suit avec. Pas plus mal.

Tu as forcément été déçu de ta performance dans ce contre la montre ?

Comme de tous mes chronos au long de cette saison 2015. Je suis trop loin de mon niveau de l’an dernier. Un problème de position peut-être. Je vais bosser ça à fond dans les mois qui viennent, je veux retrouver des Top 10 contre la montre, il faut que je trouve ce qui ne va pas. Le seul chrono que je réussis cette année, c’est au Tour du Luxembourg sur mon vélo classique, le parcours d’y prêtait.

On se sent plus fort avec un maillot de leader sur le dos ? C’était une première pour toi chez les pros…

Ce qui compte, c’est surtout d’avoir gagné une étape. C’est vrai que derrière, l’équipe a bien travaillé, on a vécu deux belles journées très solidaires, sans complexe vis à vis de grosses écuries comme Etixx-Quick Step autour de Tony Martin, Movistar… Ç’a pu nous relancer à un moment où on se demandait si on allait être capable de l’emporter à nouveau avant la fin de la saison. Et ça m’a relancé moi-aussi. Tu es sur le podium, tu as le maillot, tu regardes la start list avec tous ces noms, tu te dis : « Oui, je peux le faire ! »

Arnaud victoire3

Tu as pensé à quoi quand tu as gagné le premier jour à Barbezieux ? Sur le moment, juste après la ligne…

Je me suis souvenu m’être parfois dit : « Est-ce que je vais en regagner une un jour ?.. » Je ne comptais qu’une victoire chez les pros : il y a sept ans, la Polynormande. Je n’ai jamais fait de complexe par rapport à ça, mais bon, tu y penses… Et puis juste après la ligne, j’ai vu Anne-Claire, ma femme, avec notre petit Jules. Ça n’était pas prévu qu’ils soient là, que du bonheur ! Anne-Claire était déjà présente à la Polynormande en 2008, je vais lui demander de venir plus souvent ! Et puis j’ai pensé à Florian Vachon. On est vraiment potes tous les deux, il aurait mérité d’en gagner une ces derniers temps mais le voir si performant m’a aussi booster à l’entraînement.

Comment vit-on une carrière cycliste sans gagner pendant sept ans ?

On y croit toujours ! Je ne suis pas seul dans ce cas, plein d’autres gars n’ont même jamais rien gagné et sont toujours là. J’ai toujours été sérieux. Tu ne lâches rien… Et puis par moments, tu sens des trucs. Quand je suis rentré du GP Jef Scherens, ma course de rentrée, juste avant le Poitou-Charentes, j’ai dit à Sébastien Hinault, notre directeur sportif, que je sentais quelque chose…

CYCLISME : Tour de France - Etape 8 - Rennes / Mur de Bretagne - 11/07/2015

On progresse toujours, même quand on ne gagne pas ?

Bien sûr. J’ai une vision différente, à presque 31 ans, que celle que j’avais à 22-23 ans mais je me connais mieux, je connais mieux le cyclisme pro et je n’ai rien perdu de mon enthousiasme. Et puis je me rends compte que les années passent, que j’en ferai moins que ce que j’ai déjà accompli donc je mets plus d’application et d’implication dans tout ce que je vis au jour le jour pour rester performant. Et je me remets plus vite en question : je n’ai plus le temps de me plaindre, je dois trouver des solutions, vite.

Ta principale qualité ?

J’ai souvent « la banane » mais je suis un mec sérieux, réglo, sur qui on peut compter. Je pense être reconnu pour ça. Quand c’est difficile, je suis là, et je sais me mettre au service du collectif.

Ton principal défaut ?

Je manque sans doute de confiance en moi.

Arnaud1

À quoi rêves-tu encore sur un vélo ?

À gagner les grandes courses qui me plaisent le plus et sont peut-être dans mes cordes : Plouay, Paris-Tours… J’y ai déjà fait des Top 10, alors…

M6 avait choisi de te suivre pour un documentaire « Les coulisses du Tour de France », diffusé fin juillet dans Zone interdite. Tu y as acquis de la notoriété ?

Oui. Depuis, des automobilistes s’arrêtent pour me saluer quand je m’entraîne en Bretagne. Même Anne-Claire et Jules ont été reconnus dans un restaurant ! C’est sympa, c’est un retour agréable, des gens me découvrent. Mais ce dont j’ai bien plus envie, c’est de gagner, encore !

 

FacebookTwitterGoogle+