Francis Mourey: « Une course d’un jour, d’une heure où tout peut arriver »

Photos Elen Rius.

Après son sacre au championnat de France, Francis Mourey a rendez-vous avec « la course arc-en-ciel » ce dimanche à Zolder (Belgique). Le Franc-comtois l’assure, il ne faut pas se fier à sa 28ème place en Coupe du monde le 24 janvier. Il a préparé cet événement avec beaucoup de sérieux et espère à nouveau goûter aux joies du podium.

CYCLO CROSS : Coupe Du Monde Elites  - Lignieres - 17/01/2016

Depuis ton titre, tu as couru à deux reprises avec le maillot de champion de France. Que représente ce maillot dans ta carrière ?

C’est toujours particulier de revêtir le maillot bleu-blanc-rouge. Quand je fais le bilan de ma carrière, je me rends compte que chaque année, je participe à une manche de Coupe du monde avec le maillot de champion de France. Je n’ai jamais perdu le titre deux années de suite. Comme le championnat se déroulent le deuxième week-end de janvier, même les années où je perds le maillot, je cours avec début janvier. Je ne pouvais pas déroger à cette règle !

C’était une course spectaculaire, as-tu douté suite à ta crevaison dans le premier tour ?

Non, à aucun moment. Je sais que les incidents font partie des courses. Je me connais bien, je savais que j’étais capable de marcher très vite sur un tour. Malgré les 30 secondes de retard, je savais que tout était encore possible. Sur un tel parcours, les deux derniers tours sont très durs physiquement. Tout l’enjeu était de réussir à conserver un rythme élevé tout au long de la course. Lorsque j’ai vu que je pouvais revenir sur Clément (Venturini), mon dernier adversaire, j’ai temporisé un petit peu. Il a voulu accélérer pour me garder à distance, mais j’ai maintenu l’écart à 8 secondes. J’ai effectué un dernier tour très rapide et je suis revenu sur lui. Ensuite, il n’a jamais vraiment pu rester dans ma roue.

Tu courais à domicile, cela t’a-t-il aidé ?

J’ai entendu le public tout au long du parcours, mais je suis resté très concentré. J’avais à cœur de faire un résultat sur mes terres. Une fois sur le podium, j’ai pris conscience de l’ambiance qu’il y avait. C’était impressionnant.

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Ce succès te donne-t-il davantage de confiance ?

Mentalement, je me sens fort. A la suite du championnat de France, il y a eu un relâchement psychologique. C’était un objectif majeur pour moi. J’ai eu besoin d’un laps de temps pour évacuer la pression et la fatigue accumulées. Mais, dimanche à l’heure du départ, toute l’équipe de France sera prête et moi aussi. 

Physiquement, comment te sens-tu après la dernière manche de Coupe du monde aux Pays-Bas  ?

Je me sens bien, j’ai bien récupéré. Je n’avais pas de bonnes sensations, les jambes étaient lourdes et je n’arrivais pas à développer de puissance.

Comment as-tu préparé ce grand rendez-vous ?

Je connais le circuit. Il me convient bien. C’est un parcours difficile qui ne sera pas très gras.  Après le championnat de France, j’ai refait de bonnes séances d’entraînement en vue du championnat du monde. Malgré les contre-performances en Coupe du monde, je peux vous assurer que le travail a été fait. Je vais tout donner et on verra bien.

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Malgré ta grande expérience, ressens-tu la pression à l’approche de cet évènement ?

Il y en a forcément, mais je commence à savoir la gérer. Elle était plus forte au championnats de France où je visais uniquement la victoire. A Zolder, un podium serait la cerise sur le gâteau. Je vais prendre du plaisir et donner le meilleur de moi-même

Tu es monté sur la troisième marche du podium en 2006. Que gardes-tu de cette course ?  

En 2006, je ne suis pas champion de France mais je fais troisième aux Mondiaux. Dans le dernier tour, je suis opposé à deux coureurs belges de la même équipe. Je n’ai pas véritablement pu rivaliser. J’ai de bons souvenirs de mes championnats du monde. J’y ai fait des places d’honneur : deux fois quatrième, deux fois cinquième, une fois sixième, une fois septième… Finalement j’ai fait toutes les places du Top 10 sauf les deux premières…

Quel autre championnat du monde t’a particulièrement marqué ?

En 2013, aux Etats-Unis, j’ai la possibilité de l’emporter. Je fais plus de la moitié de la course en tête. Trois coureurs belges reviennent sur moi, puis une crevaison m’éloigne des meilleures places. C’était une année où je marchais très fort.

Cette année, quel est ton objectif ?

Je vise le podium. Ma chute du mois de novembre a un petit peu contrarié ma préparation. J’espère que cela va suffire pour atteindre mon objectif. Même si j’ai été un peu en retrait ces deux dernières semaines, c’est une course d’un jour, d’une heure où tout peut arriver.  

 

 

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