Milord San Remo

BANDEAU Lâche T. Frein
numéro 1 / 26 décembre 2015
 

Avant, c’était San Remo le milord qui déclenchait chez moi les premiers symptômes. Aujourd’hui, l’internationalisation du cyclisme fixe le printemps dès la mi-janvier. Remarquez, avec le dérangement climatique, tout devient possible sur notre Vieux continent : les coups de soleil à Noël, la neige sur le Tour de France !

Et la saison qui reprend déjà fait remonter en moi l’odeur de l’embrocation, de la mécanique bien huilée, et la tension du premier départ quand le speaker cherche encore sa voix, ses fiches aussi, juché sur un plancher à roues. Quatre pour lui: normal, c’est le boss.

Je ne sais pas vous, moi j’ai la nostalgie de ces fêtes foraines où le brouhaha joyeusement désaccordé rythmait la grande course annuelle autour du clocher. Les commentaires allaient bon train. La voiture ouvreuse, son haut parleur braillard et crachouillard, se prenait pour la petite reine du jour. Le bénévole en costume de mariage jouait au gendarme et au sifflet, le capuchon de sa pointe Bic bien en évidence, un brassard en guise de carte de visite. La kermesse au village quoi !

Désormais la planète est un village. Le vélo parle toutes les langues, le breton d’abord.  Aux premiers jours de janvier, parés de leur nouveau look de scène, les pros se sont rasés les jambes et fait pousser la barbe. Un monde à l’envers, la mode à l’endroit. Ils partent chez l’oncle San (Luis) d’Amérique se faire la belle et la fortune. Un concept vital en 2016.

Et en attendant la bonne échappée, on peut toujours se souhaiter « la Bonne année » !

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