Vélo Magazine plébiscite les roues American Classic

Apparues dans le peloton pros en 2011, les roues American Classic équipent en 2015 les coureurs de notre équipe Bretagne-Séché Environnement. Sébastien Jacquet, journaliste, a consacré à l’équipementier de Tampa (Floride) un superbe article dans le numéro de septembre de Vélo Magazine: « Au cœur du moyeu ». Avec les complicités de Bill Shook, fondateur d’American Classic, de notre mécano Greg Guedon et de Yauheni Hutarovich. En voici le contenu, en quasi intégralité.

Photos James Startt / Agence Zoom et Bruno Bade.

«  Les coureurs utilisent les roues en fonction des préférences, des 38 et 58 mm en carbone à boyaux de 25 mm, et des roues en alu quand il pleut, plus rassurantes pour certains. Celles-là, les sprinters les affectionnent particulièrement, indique Grégory Guedon, mécanicien chez Bretagne-Séché Environnement, en faisant tourner une paire de jantes de 58 mm. Ils les trouvent super rigides. Elles répondent bien et sont assez légères. Pierrick Fédrigo les apprécie aussi, il les avait dans l’Ospédale au Critérium international. »

Yauheni Hutarovich, le sprinter, confirme : « Je connais American Classic depuis longtemps. En 2007 et 2008, avec mon équipe nationale de Biélorussie, on roulait sur des roues avec des moyeux AC. Leur fabricant estimait que c’était le meilleur moyeu au monde, notamment pour son roulement. Et il y avait trouvé le meilleur rapport qualité-prix. Pour moi, c’était des roues exceptionnelles. »

PHOTO BRUNO BADE

Si on écoute Huta, le secret des roues American Classic se situerait donc en leur cœur, dans le moyeu. « Tu prends les roues, tu les lances avec ton doigt, elles tournent, elles tournent, elles tournent… c’est incroyable ! Les roulements sont vraiment formidables.» Une chance : le fameux moyeu s’est ouvert à nous pour dévoiler sa coupe. Nous y avons plongé le regard (et les pattes !) pour découvrir que le mécanisme s’articule autour de quatre roulements et six cliquets d’engrenage. Au niveau de la came d’engagement, « un petit plateau de 24 dents » permet d’enclencher les six cliquets en même temps lorsque la roue libre se met en action (avec un degré d’engagement de 15 degrés). Deux petites fentes ont été aménagées afin d’amortir la déformation de l’axe en aluminium lors du serrage des roues. Un vrai trophée, unique, créé de toutes pièces par l’âme d’American Classic, Bill Shook.

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L’image d’une marque, ses produits et sa philosophie dépendent toujours de son créateur. American Classic renvoie à celle de Bill, coureur du circuit américain dans les années 70 et 80, ingénieur diplômé avec des idées plein la tête. Fou de vélo et animé par la volonté de mettre son ingéniosité au service des autres pratiquants, Bill Schook a décidé en 1981 de créer les produits les plus performants qu’il désirait, ceux qui lui faisait plaisir et le proposer à des prix normaux. « J’aime la course mais pas seulement. Le simple fait de se déplacer en ville, de faire du vélo tourisme ou du vélo camping, j’aime toutes les formes de vélo »,  raconte-t-il, silhouette affûtée et œil pétillant qui confortent son récit.

L’association de ce passionné au discours aussi fluide que les moyeux qu’il a créé avec la vitrine haut-niveau, Bretagne-Séché Environnement, d’une région dont le cœur bat pour le vélo n’a donc rien d’étonnant. « Loin des superstars du peloton, dans un esprit authentique, jeune et rafraîchissant. » Sans surjouer, Yauheni Hutarovich, qui connaissait donc les moyeux et la réputation de la marque, a découvert cette année les roues complètes. « Dans un sprint, je n’ai jamais essayé de meilleures roues. J’ai roulé avec pas mal de marques, celles-ci tiennent vraiment bien la route. C’est un ensemble, avec nos vélos Look 795 qui sont déjà super rigides. Tu sens, quand tu te mets en danseuse, qu’elles « partent «  immédiatement. Tes watts ne se perdent pas dans le mouvement des roues, c’est très important pour un sprinter, qui développe beaucoup de puissance. Même à 1500, 1600 watts, tu sens une très bonne rigidité. »

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Privilège de nos cessions d’entraînement mensuelles, nous avons pu vérifier l’excellente fluidité du moyeu et des roulements utilisés par les hommes en noir et vert. A notre petit niveau de « cyclo diesel » à la puissance instantanée ne dépassant pas 1200 watts, nous avons retrouvé, avec les 38 mm comme les 58 mm la rigidité et la réactivité décrite par Hutarovich, avec l’impression le temps de quelques coups de pédale que nos jambes développaient tout à coup plus de watts, et que ça coulait tout seul sur le bitume…

Si le sprinter biélorusse indique utiliser ce modèle de jantes même quand le parcours est montagneux, notre petit moteur a eu davantage l’impression de « buter » dans les bosses. Les 38 mm, plus dynamiques, ont constitué un compromis idéal pour évoluer sur des routes vallonnées, où elles sont maniables et légères. Mieux, elles nous ont accompagné à merveille lors de notre reconnaissance de L’Étape du Tour, se montrant à la hauteur du dénivelé proposé. Aussi bien dans les descentes, où le freinage long et continu nous a rassuré, que dans les montées où leur rigidité était un parfait allié.

Yauheni Hutarovich nous a glissé que, comme la plupart des roues, un resserrage des rayons était nécessaire au bout de 1000 kilomètres. Comme nous sommes loin d’avoir la même carcasse que le solide Biélorusse, on peut imaginer qu’elles tiennent bien plus longtemps pour un cyclo lambda. Il faudra par contre patienter un peu avant de les découvrir sur le marché.

AC3

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