Jean-Marc Bideau et la véritable histoire du saumon norvégien

C’est notre histoire la plus cocasse de l’été. Comment Jean-Marc Bideau a-t-il pu remporter 500 kilos de saumon lors de l’Étape 2 de l’Arctic Race of Norway, le 14 août ? Il nous raconte ici son aventure. Une idée de la valeur de ce trophée: le saumon frais norvégien est à 10 euros au marché de Rungis en cet été 2015…

 » Ç’a d’abord été le hasard. Je me sentais bien en ce deuxième jour de l’Arctic Race, j’étais volontaire pour l’échappée. Mais quand le matin Franck Renimel, notre directeur sportif, nous a dit qu’il y avait 500 kilos de saumon à aller chercher au km 115, j’ai cru à une blague. Ou plutôt « Il se plante, ça doit être 50 kilos… » Ça nous a bien fait rire mais ce n’était bien entendu pas l’objectif.

La course partie, ç’a pas mal bagarré pendant une heure, c’était tendu mais j’étais devant, j’avais envie. Et puis d’un coup, ça s’est ouvert, on est partis à sept. On n’a jamais eu beaucoup d’avance, pas plus de 3 minutes on savait que le peloton et ses équipes leaders jouaient avec nous, donc qu’il ne serait pas pressé de revenir. Du coup, je me suis mis à repenser au saumon !

J’avais vu sur le profil que la bosse où il était attribué était dans mes cordes, 3, 4 kilomètres à 4, 5%, j’aime bien. J’ai fait le mort sur les premiers grimpeurs où des coureurs norvégiens étaient super nerveux, ils étaient plusieurs à viser le maillot. Le saumon, ça les a moins tenté, j’ai pu sortir comme je l’avais imaginé dans la bonne ascension (le Gradangfsjettet, 415 mètres).

À l’arrivée, on m’a fait monter sur le podium avec une grosse pancarte ventant les éleveurs norvégiens. Dès que je suis rentré, j’ai cherché à connaître auprès d’ASO, organisateur de la course, le mode de livraison, ils ne pourront pas me dire avant septembre. Ni pour le conditionnement. Je sais juste qu’il devrait y avoir du saumon fumé et du frais. Je vais en donner à toute ma famille, à toute l’équipe et à tous ceux qui m’ont soutenu ces derniers mois, quand j’étais au fond du trou avec ma mononucléose. Le moment le plus difficile de ma carrière.

Drôle que cette anecdote m’arrive maintenant, alors que je suis à peine de retour du fond du trou. Drôle aussi qu’il existe encore de tels initiatives dans le cyclisme pro. Le dernier prix en nature dont j’ai le souvenir, c’était un salon de jardin dans une course juniors en Bretagne… « 

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