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Des tenues en cavale

BANDEAU Lâche T. Frein
numéro 2 / 10 janvier 2016
 
Çà y est, le catalogue printemps-été de Fortuneo Vital Concept est sorti. Loin déjà celui de La Redoute et ses Motobécane des années 80. Les nouvelles tenues moulantes sont vertes de rage en bleu de chauffe, parées de noir désir pour toucher les cœurs de Breizh. Paletots que j’imagine déjà cavalant par monts et par vaux, à cheval sur des purs sangs de carbone, certifiés d’origine France, fougueux et racés, bariolés comme un chapiteau de cirque. 

Et viva Bretagna !

Des casaques saillantes dans les stalles de départ, prêtes à en recoudre – je sais, normalement on dit « prêt à en découdre » mais chez le fabricant Noret on se fait enfant quand le tissu est bon – elles habillent des rois de la pédale, beaux comme des dimanches de kermesses belges, qui ne rêvent que de se faire la belle pour, la ligne d’arrivée franchie, embrasser la belle et jeter leur bouquet dans une foule ravie.

Et viva Sepulveda !

Des habits tous neufs qui viendront prêter leur tissu certifié COP 21 au photographe de l’instantané. Lui, saisira pour l’éternité  la violence d’une tranchante estocade, fixera sur la pellicule une culbute de cow-boy en rodéo, témoignera des visages creusés par la douleur de l’effort ou irradiés par le franchissement d’une ligne d’arrivée devant un peloton en déroute.  Le même maillot de scène pour une pièce de théâtre à tiroirs, parfois légère, parfois dramatique, quelques fois tragi-comique. Et quand le coureur est affuté le costume fait corps avec son personnage. Il recrache alors la puissance de l’acteur et s’offre en étendard au regard des enfants. 

Bientôt les trois coups, le rideau de vert va s’ouvrir sur un ciel bleu.

Et viva Fonseca… et tous les autres!

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Vidéo Voeux 2016

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« Hâte de défier le col d’Èze »

Eduardo Sepulveda disputera dans Paris-Nice son premier chrono en côte.

Eduardo Sepulveda a remporté le 28 février sa première victoire chez les professionnels au terme des Boucles Sud Ardèche (UCI Europe Tour, 1.1). À 23 ans, rouleur et grimpeur de talent, il incarne l’avenir de l’équipe Bretagne-Séché Environnement et il a pris le départ de Paris-Nice (8 au 15 mars) en tant que co leader. Eduardo peut être la révélation de Paris-Nice 2015, bien avant le col d’Éze.

Photo Bruno Bade

Tu viens de remporter ta première victoire professionnelle dans les Boucles Sud Ardèche. Quels sentiments cela te procure-t-il ?

Je suis simplement plus relax. Je ressentais une grosse pression en ce début de saison 2015. L’année dernière n’a pas été bonne pour moi. Je n’ai pas su soigner à temps cette blessure au genou qui m’a empêché de disputer mon premier Tour de France. Malgré cela, Emmanuel Hubert (le manager général de Bretagne-Séché Environnement) m’a renouvelé sa confiance. C’est valorisant, mais vous met également une grosse pression. Je voulais gagner vite. Je l’ai fait fin février, c’est parfait. Je me sens du coup un peu plus tranquille. Enfin, je me sentais plus tranquille jusqu’au prologue de Paris-Nice. Là, je me suis un peu raté. Je n’ai pas osé employer de gros braquets, je me suis sans doute tropé, et retrouvé un peu loin (à 33 secondes de Kwiatkowski, vainqueur).

Tu es plutôt considéré comme un coureur par étapes et tu a ouvert ton palmarès dans une course d’un jour…

Oui, et ça participe à m’apporter de la confiance. Plus tard, j’aurais peut-être un rôle à jouer dans certaines courses d’un jour. C’est vrai, je me sens plutôt coureur par étapes. Après la piste, jusqu’à 19 ans, c’est dans les chronos que j’ai d’abord brillé sur la route. Puis je suis devenu un grimpeur correct. Donc les courses à étapes, c’est logique, d’autant que je récupère bien. Sur une journée, je n’avais plus gagné depuis une étape du Tour de Franche-Comté chez les amateurs, en 2012, quand je portais le maillot du Centre mondial du cyclisme.

Paris-Nice, tu ne l’as disputé qu’une fois, en 2014, qu’en as-tu retenu ?

C’est une course incroyablement nerveuse, surtout les deux-trois premiers jours quand les sprinters et leurs équipes veulent conclure avant d’arriver sur des terrains plus vallonés. C’est le premier rendez-vous de l’année avec un impact médiatique fort, l’enjeu monte d’un cran et ça se sent dans le peloton. À partir du quatrième jour, l’an dernier, je m’étais senti plus serein.

Tu as regardé le parcours 2015, il te plait ?

L’arrivée en haut d’un col de 10 kilomètres (la Croix-de-Chaubouret), j’apprécie. Je pense que le col d’Éze peut m’être favorable aussi. Mais bizarrement, je n’ai jamais disputé le moindre chrono en côte depuis que je suis chez les pros. J’ai hâte d’y être.

Que vises-tu ?

Un Top 10 au classement général. Et si en courant devant j’ai la possibilité de disputer une victoire d’étape, je jouerai ma carte à fond.

Tu avais débuté ta saison au Tour de San Luis en janvier, puis tu as couru l’Étoile de Bessèges et le Tour du Haut-Var, tu as cumulé près de vingt jours de course sur ton Look 795, quelles sont tes sensations ?

Déjà, quand je l’ai testé cet hiver pour la première fois, j’ai trouvé le changement impressionnant avec mon ancien matériel. On sent tout de suite que le 795 est très rigide, qu’il transmet toutes les sensations et qu’à chaque coup de pédale, il répond de façon excellente. Oui, c’est surtout la rigidité du cadre que je retiens, elle me surprend encore au bout de ces quelques premières semaines de la saison. Quand on attaque, le vélo répond bien par l’avant, il fait ce qu’on veut qu’il fasse, c’est ce que j’aime. En montagne c’est aussi un cadre bien adapté, j’apprécie d’autant plus. Tout ce que veut un coureur, c’est que ses sensations sur le vélo se transmettent dans l’effort. Avec le 795, on est servi.

Avec ce vélo, tu as l’impression d’être armé pour jouer les premiers rôles ?

Psychologiquement, savoir que l’on a ce qui se fait de mieux en terme de matériel est très important. Mon père était un fou de mécanique, il courait chez les amateurs en Argentine et adorait bricoler ses vélos, j’ai grandi dans cette culture de l’attention au matériel. Dans les Boucles Sud Ardèche, quand j’étais échappé dans le final, je savais que je pouvais aussi compter sur mon vélo pour couper sèchement les trajectoires dans les descentes, ne pas perdre un pouce de terrain ni quelques secondes, tout se joue tellement à rien dans le cyclisme pro. Quand on a cette confiance en son vélo, oui, on se sent plus fort. Le dernier jour de Paris-Nice, si je dois accomplir une grosse performance dans le col d’Éze, je saurai que je pourrai compter sur mon vélo Look.

 

 

 

 

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Nos plus belles images de Bessèges

Il a fait froid, le vent a soufflé, mais on était devant!

Photo Jonathan Hivert
Jonathan Hivert, beau chrono (8è), belle semaine, 11è du général final
Photo Eduardo Sepulveda
Eduardo Sepulveda: rude changement de climat, après le Tour de San Luis
Photo Arnaud Gérard
132 kilomètres d'échappée pour Arnaud Gérard le quatrième jour
Photo Romain Feillu
Romain Feillu remonté par Arnaud Gérard. Souvent malchanceux.
Photo Arnaud Gérard
Les grosses pentes, passage obligé à Bessèges, ici Arnaud gérard
Photo Equipe BSE
Nos huit coureurs au départ, le premier jour. Températures négatives ressenties…
Photo Pierrick Fedrigo
Le froid glacial n’a pas empêché Pierrick Fédrigo d’aller loin dans l’effort
Photo Brice Feillu à l’attaque le troisième jour. Très remarqué.
Brice Feillu à l’attaque le troisième jour. Très remarqué.
Photo Brice Feillu
16è du contre la montre final, une jolie perf pour Brice Feillu

 

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